La plongée nitrox consiste à respirer un mélange d’azote et d’oxygène plus riche en oxygène que l’air. Il en contient le plus souvent 32 ou 36 %, contre 21 %. Avec moins d’azote dissous dans les tissus, la durée sans palier s’allonge entre 15 et 30 mètres et l’intervalle entre deux plongées se raccourcit. La contrepartie tient à l’oxygène, toxique sous pression. Chaque mélange impose donc une profondeur maximale : pour un nitrox 32, 33,8 mètres à 1,4 bar de pression partielle et 40 mètres à la limite légale française de 1,6 bar.
- 60 minsans palier à 21 m au nitrox 32, contre 40 min à l’air
- 33,8 mPMU du nitrox 32 à 1,4 bar (40 m à 1,6 bar)
- 1,6 barPpO2 maximale autorisée par le Code du sport
- 50 à 300 €formation nitrox selon la structure, 2025-2027
En France, la formation fédérale comprend deux qualifications. Plongeur Nitrox s’obtient dès le Niveau 1 et autorise jusqu’à 40 % d’oxygène. Plongeur Nitrox Confirmé ouvre tous les mélanges nitrox et l’oxygène pur aux paliers. Les tarifs publiés pour les saisons 2025-2026 et 2026-2027 vont de 50 € dans un club associatif à 300 € dans un centre commercial.

Mélange suroxygéné : ce qui change quand l’azote passe de 79 à 68 %
Le Code du sport définit le nitrox comme un mélange respiratoire d’oxygène et d’azote dans des proportions différentes de celles de l’air. En plongée loisir, le terme désigne un mélange suroxygéné, noté EANx ou NX suivi du pourcentage d’oxygène. Trois valeurs dominent en plongée loisir.
- nitrox 32 (32 % d’oxygène, 68 % d’azote), le plus répandu ;
- nitrox 36, plus avantageux en durée, limité toutefois à moins de 29 mètres à 1,4 bar ;
- nitrox 40, plafond de la qualification Plongeur Nitrox de la FFESSM.
Le mécanisme repose sur la loi de Dalton : la pression partielle d’un gaz égale la pression absolue multipliée par sa fraction dans le mélange. À 30 mètres, la pression absolue atteint 4 bars. L’azote de l’air y exerce 3,16 bars, celui d’un nitrox 32 seulement 2,72 bars, soit 14 % de moins. C’est cette pression partielle d’azote, et non la profondeur affichée, qui pilote la charge des tissus et donc le calcul de la décompression.
La teneur en oxygène du nitrox détermine l’espace d’évolution.
Code du sport, partie réglementaire
La phrase résume la logique française. Avec le nitrox, la limite de profondeur ne vient plus de votre brevet seul, elle dépend aussi de la bouteille que vous avez sur le dos.
Le vrai bénéfice : 20 minutes de plus à 21 mètres, pas un mètre de plus
Les tables publiées par PADI donnent un ordre de grandeur parlant. À 21 mètres, la limite sans palier passe de 40 minutes à l’air à 60 minutes avec un nitrox 32. Sur le même site, vous gagnez 50 % de temps. Le gain se répète en plongée successive, car l’azote résiduel accumulé lors de la première immersion est plus faible.
Calculer la profondeur équivalente air
Les tables MN90 ont été conçues pour l’air. Pour les utiliser au nitrox, la méthode enseignée consiste à y entrer avec la profondeur équivalente air. Il s’agit de la profondeur où l’air donnerait la même pression partielle d’azote. Le calcul se fait en trois étapes.
- pression absolue réelle : à 21 mètres, 3,1 bars ;
- pression équivalente : 3,1 × 0,68 / 0,79 = 2,67 bars ;
- profondeur équivalente : (2,67 − 1) × 10 = 16,7 mètres, puis lecture de la ligne immédiatement plus profonde de la table, 18 mètres.
Concrètement, un nitrox 32 à 21 mètres charge vos tissus comme une plongée à l’air vers 17 mètres. Le gain reste modeste au-dessus de 12 à 15 mètres, où la durée sans palier dépasse déjà l’autonomie en gaz d’un bloc de 12 litres. Il devient net entre 18 et 30 mètres, la tranche des épaves et tombants les plus fréquentés en Méditerranée.
Fatigue et narcose : deux promesses que les études ne tranchent pas
Presque toutes les pages consacrées au nitrox affirment qu’il réduit la fatigue après la plongée. Le ressenti est réel chez beaucoup de plongeurs. La littérature scientifique, elle, reste partagée.
- en 2003, une étude australienne en double aveugle a comparé l’air et le nitrox 36 chez 11 plongeurs (caisson sec, 18 mètres, 40 minutes). Elle n’a mesuré aucune différence de fatigue, d’attention ou de concentration ;
- en 2010, une équipe européenne liée à DAN Europe a suivi 219 plongeurs en mer tropicale, vers 21 mètres pendant 43 minutes. La fatigue perçue y était plus faible au nitrox 32. Un test de vigilance visuelle baissait de 6 % après l’air et progressait de 4 % après le nitrox.
Les auteurs de 2010 avancent trois hypothèses (effet de l’azote, de l’oxygène ou des microbulles) sans trancher. Le bénéfice sur la fatigue reste donc une piste sérieuse que les études n’ont pas confirmée.
Pour la narcose à l’azote, le désaccord porte sur l’oxygène lui-même. Une enquête d’Alert Diver, la revue de DAN Europe, a recensé les positions des organismes. La CMAS, GUE, PADI et PSAI enseignent que l’oxygène est narcotique aux pressions partielles de la plongée et l’intègrent au calcul de profondeur narcotique équivalente. BSAC, IANTD, NAUI et TDI soutiennent l’inverse.
Si l’oxygène compte autant que l’azote, un nitrox 32 ne vous protège pas mieux de la narcose que l’air. Dans le doute, planifiez comme si l’effet narcotique était identique.
Nitrox : profondeur maximale, le calcul qui explique les écarts entre 33 et 34 mètres
La profondeur maximale d’utilisation se note PMU en français et MOD en anglais. Elle se calcule avec une seule formule : PMU = 10 × (PpO2 maximale / fraction d’oxygène − 1). Tout dépend de la pression partielle d’oxygène retenue. Trois valeurs circulent.
- 1,6 bar, plafond légal fixé par l’article A322-92 du Code du sport, en vigueur depuis le 1er avril 2012 ;
- 1,5 bar, valeur préconisée dans plusieurs supports de cours de clubs fédéraux, voire 1,4 bar en cas de froid, de courant ou d’effort ;
- 1,4 bar, limite de travail enseignée par PADI, qui garde 1,6 bar comme réserve d’urgence.
| Mélange | PpO2 1,4 bar | PpO2 1,5 bar | PpO2 1,6 bar |
|---|---|---|---|
| Air (21 %) | 56,7 m | 61,4 m | 66,2 m |
| Nitrox 28 | 40,0 m | 43,6 m | 47,1 m |
| Nitrox 32 | 33,8 m | 36,9 m | 40,0 m |
| Nitrox 36 | 28,9 m | 31,7 m | 34,4 m |
| Nitrox 40 | 25,0 m | 27,5 m | 30,0 m |
PMU en mètres d’eau de mer selon le mélange et la PpO2 retenue (calcul : 10 × (PpO2 / FO2 − 1))
Arrondir la PMU
Ce tableau explique pourquoi un même nitrox 32 apparaît à 33 mètres dans un guide et à 34 mètres dans un autre. Les deux partent de 1,4 bar et de 33,8 mètres exacts ; le premier arrondit vers le haut de la colonne d’eau, le second vers le bas. Or 34 mètres donnent une PpO2 de 1,41 bar, déjà au-dessus de la limite visée.
La règle de prudence consiste à toujours arrondir la PMU au mètre inférieur.

La même formule, retournée, donne le meilleur mélange pour un site : fraction d’oxygène = PpO2 maximale / pression absolue au fond. Pour une épave posée à 30 mètres, vous obtenez 35 % à 1,4 bar et 40 % à 1,6 bar. Un nitrox 32 y reste sous 1,3 bar, avec de la marge.
Hyperoxie nitrox : effet Paul Bert, effet Lorrain-Smith et pourcentage CNS
L’hyperoxie désigne la toxicité de l’oxygène respiré à pression partielle élevée. Elle prend deux formes que la formation sépare nettement.
Toxicité neurologique (effet Paul Bert)
C’est le risque aigu du plongeur loisir. Au-delà de 1,6 bar, et parfois en dessous si l’effort, le froid ou l’essoufflement s’en mêlent, le système nerveux central peut réagir par une crise convulsive. Sous l’eau, la perte de l’embout qui l’accompagne expose directement à la noyade.
Toxicité pulmonaire (effet Lorrain-Smith)
Elle résulte d’expositions longues et répétées, sur plusieurs jours. En loisir, elle concerne surtout les croisières à quatre plongées par jour et les plongeurs qui décompressent à l’oxygène pur.
Les ordinateurs suivent la toxicité neurologique par un pourcentage CNS, calculé à partir des durées d’exposition unique publiées par la NOAA.
- 45 minutes à 1,6 bar, soit 2,2 % de CNS par minute ;
- 120 minutes à 1,5 bar, soit 0,83 % par minute ;
- 150 minutes à 1,4 bar, soit 0,67 % par minute.
Le calcul montre l’effet de seuil : 40 minutes passées à 1,4 bar consomment 27 % du crédit, alors que les mêmes 40 minutes à 1,6 bar en consomment 89 %. Passer de 1,4 à 1,6 bar ne représente que 6 mètres avec un nitrox 32 et multiplie pourtant la charge par plus de trois.
Nitrox : avantages, inconvénients et profil du plongeur concerné
Une fois le mécanisme posé, le bilan se lit sans ambiguïté. Les avantages tiennent en quatre points.
- durée sans palier allongée entre 18 et 30 mètres, de l’ordre de 50 % à 21 mètres avec un nitrox 32 ;
- intervalles de surface plus courts et deuxième plongée moins pénalisée ;
- marge de sécurité supplémentaire si vous gardez un calcul de décompression à l’air ;
- passage obligé vers l’oxygène aux paliers et, plus tard, vers le trimix.
Les inconvénients sont plus nombreux et pèsent surtout sur la préparation.
- profondeur maximale réduite, d’autant plus que le mélange est riche ;
- risque d’hyperoxie aiguë si la PMU est dépassée ;
- analyse du bloc et réglage de l’ordinateur à chaque plongée ;
- surcoût du gaz et disponibilité inégale, car toutes les structures n’ont pas de station de gonflage nitrox ;
- matériel compatible oxygène et bloc marqué selon les règles fédérales au-delà de 23,5 % d’oxygène.
Ordinateur nitrox et analyse du bloc : la routine avant chaque immersion
L’article A322-93 du Code du sport impose à l’utilisateur final de compléter la fiche d’identification de chaque bouteille avant la plongée. Le manuel fédéral de mai 2024 ajoute l’obligation de saisir dans l’ordinateur le pourcentage mesuré.

La routine tient en six gestes.
- analyser vous-même le pourcentage d’oxygène du bloc, même si la station l’a déjà fait ;
- reporter sur la fiche la pression, le pourcentage analysé, la PMU, la date et vos initiales ;
- écrire la PMU de façon visible sur le bloc ;
- régler l’ordinateur nitrox sur la valeur que vous venez de mesurer ;
- vérifier l’alarme de PpO2 (1,4 ou 1,6 bar selon votre choix) et le pourcentage CNS de départ ;
- annoncer mélange et PMU au directeur de plongée et à votre binôme.

Formation nitrox FFESSM : Plongeur Nitrox accessible dès le Niveau 1
La version de mai 2024 du manuel de formation technique FFESSM consacré au nitrox a simplifié l’accès à la première qualification. Les conditions sont désormais les suivantes.
- avoir 12 ans à l’entrée en formation et à la délivrance ;
- être titulaire du Niveau 1 FFESSM ou d’une certification jugée équivalente ;
- effectuer au moins deux plongées au nitrox pendant la formation ;
- être licencié FFESSM.
La qualification n’est pas un brevet. Elle est délivrée par un moniteur nitrox confirmé (au minimum E3, BEES1 ou DEJEPS) dans un club affilié ou une structure commerciale agréée. Elle autorise des mélanges jusqu’à 40 % d’oxygène, dans la limite des prérogatives de votre niveau à l’air.
Le programme couvre la loi de Dalton, le calcul de la PMU, l’analyse du mélange, le paramétrage de l’ordinateur et les accidents spécifiques. Un club lémanique l’organise par exemple sur une journée, théorie comprise, et d’autres font passer la partie théorique en ligne sur la plateforme fédérale. Si vous venez d’un autre organisme, les équivalences entre organismes déterminent votre point d’entrée.
Plongeur nitrox confirmé : 10 plongées entre 30 et 40 mètres avant le stage
La seconde qualification vise les plongeurs qui veulent choisir leur mélange au lieu de le subir. Beaucoup de plaquettes de club se contentent de mentionner le Niveau 2. Le manuel de mai 2024 pose des conditions plus exigeantes.
- avoir 15 ans à l’entrée en formation et à la délivrance ;
- être titulaire du Niveau 2 FFESSM ou équivalent et de la qualification Plongeur Nitrox ;
- justifier sur le carnet d’au moins 10 plongées à l’air dans la tranche 30 à 40 mètres ;
- totaliser au moins 6 plongées nitrox, dont 4 pendant la formation, réalisée exclusivement en milieu naturel.
Le plongeur nitrox confirmé peut utiliser tous les mélanges nitrox courants et l’oxygène pur en décompression, toujours selon ses prérogatives à l’air. L’annexe III-17 a du Code du sport décrit cette aptitude comme la capacité à évoluer en palanquée au nitrox et à décompresser à l’oxygène pur. Elle conditionne aussi l’encadrement : un directeur de plongée qui organise des plongées aux mélanges doit justifier de cette aptitude.

Dans le même club lémanique, le stage occupe deux journées pour quatre plongées. Il ajoute au premier niveau le choix du meilleur mélange, la décompression accélérée avec un bloc de paliers, le suivi du CNS et l’usage d’un ordinateur multigaz.
Enriched Air Diver PADI ou qualification fédérale : ce qui change pour vous
L’Enriched Air Diver PADI est la spécialité la plus suivie de cet organisme. Elle recouvre à peu près le champ du Plongeur Nitrox fédéral, avec des différences de forme qui comptent au moment de choisir.
| Critère | Enriched Air Diver (PADI) | Plongeur Nitrox (FFESSM) | Plongeur Nitrox Confirmé (FFESSM) |
|---|---|---|---|
| Âge minimal | 12 ans | 12 ans | 15 ans |
| Prérequis | Open Water Diver (ou inscription au cours) | Niveau 1 ou équivalent | Niveau 2, Plongeur Nitrox, 10 plongées entre 30 et 40 m |
| Plongées | 2 plongées facultatives | 2 minimum | 6 nitrox dont 4 en formation |
| Mélanges | jusqu’à 40 % | jusqu’à 40 % | tous nitrox et oxygène pur aux paliers |
| PpO2 de travail enseignée | 1,4 bar, réserve 1,6 | plafond légal 1,6 bar | plafond légal 1,6 bar |
| Théorie | eLearning | cours en club ou en ligne | cours en club |
Comparaison des trois certifications nitrox les plus courantes en France (conditions vérifiées en octobre 2026)
En France, c’est le directeur de plongée qui vérifie que vous justifiez des aptitudes nitrox prévues par le Code du sport. Une carte PADI est donc acceptée au cas par cas. Si vous plongez surtout à l’étranger, la carte PADI circule plus facilement. Si vous visez ensuite le nitrox confirmé, la qualification fédérale en est le prérequis direct ; une carte d’un autre organisme doit être jugée équivalente.
Nitrox plongée : prix des formations et du gaz en 2025-2027
Les écarts de prix tiennent surtout au statut de la structure. Un club associatif facture la participation aux frais, un centre commercial vend une prestation complète. Les grilles publiées par plusieurs structures donnent les repères suivants.
| Structure | Formule | Prix | Saison |
|---|---|---|---|
| Club associatif, Limoges | Plongeur Nitrox, 2 plongées comprises | 50 € | 2025-2026 |
| Club associatif, Limoges | Nitrox confirmé, 4 plongées comprises | 110 € | 2025-2026 |
| Club FFESSM, côte atlantique | Nitrox élémentaire, carte comprise, gaz en sus | 50 € | 2026-2027 |
| Club FFESSM, côte atlantique | Nitrox confirmé, carte comprise, gaz en sus | 100 € | 2026-2027 |
| Club associatif, Bouches-du-Rhône | Nitrox élémentaire / confirmé | 100 € / 150 € | 2025-2026 |
| Club associatif, Landes | Nitrox confirmé, 4 plongées, gaz et théorie | 240 € | 2025-2026 |
| Centre PADI | Enriched Air Diver, 2 plongées, théorie, manuel | 300 € | 2026 |
Tarifs nitrox relevés sur les grilles publiées par les structures (saisons indiquées)
Le rapport entre le moins cher et le plus cher atteint six pour une qualification de contenu comparable. Le gaz pèse ensuite sur la durée : lors d’un stage fédéral organisé dans les Bouches-du-Rhône en octobre 2026, l’option nitrox était facturée 9 € par plongée. Sur un séjour de dix plongées, le supplément atteint donc 90 €, soit plus que la formation elle-même dans la plupart des clubs du tableau.
Deux pistes réduisent la facture. Certains clubs intègrent le Plongeur Nitrox à la préparation du Niveau 2 ou du Niveau 3 pour quelques dizaines d’euros. D’autres vendent un forfait regroupant les deux qualifications. Avant de vous inscrire, vérifiez ce que couvre le prix affiché. Carte de qualification, gonflages, location du bloc et gaz de décompression sont souvent facturés à part.


