Certificat d’aptitude à l’hyperbarie (CAH) : mentions et classes

Le certificat d’aptitude à l’hyperbarie (CAH) est obligatoire pour tout travailleur hyperbare en France. Est concernée toute personne exposée à plus de 100 hPa de pression relative, soit environ un mètre d’eau.

  • 5 ansvalidité du CAH depuis l’arrêté du 12 décembre 2016
  • 4 mentionsA, B, C et D selon l’activité exercée
  • 5 000 hPaplafond de la classe 2, soit 50 m
  • 8 semainesformation minimale du CAH classe 2 mention A

Le document indique une mention, qui désigne l’activité. A couvre les travaux subaquatiques, B les interventions subaquatiques, C la santé sans immersion et D les travaux sans immersion. Il indique aussi une classe de 0 à III, qui plafonne la pression : 1 200 hPa, 3 000 hPa, 5 000 hPa, puis au-delà.

L’essentiel

Depuis l’arrêté du 12 décembre 2016, le CAH est valable cinq ans.

Pour un scaphandrier, le CAH classe 2 mention A suppose au moins huit semaines de formation.

Scaphandrier équipé d'un casque à narguilé, assisté par un équipier sur le pont d'une barge de travaux
Illustration : préparation d’une intervention subaquatique depuis une barge de travaux.

Qui doit détenir un certificat hyperbare, et dès quelle pression

L’article R4461-27 du Code du travail réserve l’intervention en milieu hyperbare aux travailleurs titulaires d’un CAH, délivré à l’issue d’une formation. Le seuil est fixé à 100 hPa. Il s’applique avec ou sans immersion : un tunnelier, un soudeur hyperbare ou une infirmière de centre de médecine hyperbare relèvent du même régime qu’un scaphandrier. Dans l’usage courant, on parle de certificat hyperbare, de CAH ou de C.A.H.

Avant l’inscription, l’organisme de formation vérifie trois points (article 3 de l’arrêté de 2016).

  • une aptitude médicale qui tient compte du travail en milieu hyperbare et du port d’un appareil respiratoire, remise avant l’entrée en formation ;
  • la maîtrise de la langue d’enseignement, à l’oral comme à l’écrit ;
  • une pièce d’identité en cours de validité, présentée au plus tard avant la validation de l’enseignement théorique.

CAH mention A, B, C ou D : ce que chaque lettre autorise

L’article R4461-28 du Code du travail définit les quatre mentions. La lettre désigne le régime juridique de l’activité : immersion ou non, travaux ou interventions, entreprise soumise à certification ou non.

Mention Activité (article R4461-28) Immersion Entreprise certifiée
A Travaux subaquatiques : génie civil, industrie, travaux maritimes et pétroliers Oui Exigée
B Interventions subaquatiques : sport, archéologie, secours et sécurité, techniques, sciences, pêche, aquaculture, médias Oui Non exigée
C Interventions sans immersion dans le domaine de la santé Non Non exigée
D Travaux sans immersion : tunneliers, soudeurs hyperbares, enceintes professionnelles Non Exigée

Le CAH mention A forme à toutes les fonctions d’une équipe de chantier : opérateur, aide-opérateur, opérateur de secours, surveillant de plongée et chef d’opération hyperbare, que les professionnels abrègent en COH. La mention D suit la même logique. Le COH désigne donc une fonction, jamais un certificat.

Les quatre familles de la mention B

Le CAH mention B s’ajoute à un métier de base : biologiste, archéologue, photographe, pompier, aquaculteur. Son titulaire intervient sous l’eau sans réaliser de travaux au sens de la mention A. Le Code du travail distingue quatre familles.

  • les activités physiques ou sportives ;
  • l’archéologie sous-marine et subaquatique ;
  • le secours et la sécurité, avec les options sécurité civile et police ;
  • les techniques, les sciences, la pêche, l’aquaculture, les médias et les autres interventions.

Classes 0 à III : de la pression en hPa à la profondeur

L’article R4461-28 fixe les classes d’après la pression relative maximale à laquelle le travailleur peut être exposé. Un mètre d’eau pèse environ 100 hPa. Les profondeurs s’en déduisent : 1 200 hPa pour 12 m, 3 000 hPa pour 30 m, 5 000 hPa pour 50 m.

Classe Pression relative maximale Profondeur équivalente Pression absolue approchée (calcul)
0 1 200 hPa 12 m 2,2 bar
I 3 000 hPa 30 m 4 bar
II 5 000 hPa 50 m 6 bar
III Plus de 5 000 hPa Plus de 50 m Plus de 6 bar
Infographie des classes 0, I, II et III du CAH avec la pression relative maximale et la profondeur correspondante
Classes du CAH : pression relative maximale et profondeur équivalente.

Le CAH n’est valable que dans sa classe. Un titulaire de classe 1 ne descend pas à 40 m. Chaque classe délimite aussi les gaz utilisables.

Choisir la classe à partir de la pression de travail

La classe requise est la plus petite dont le plafond couvre la pression de travail. Les trois cas ci-dessous sont fictifs.

Pression de travail Situation Classe minimale Calcul
1 800 hPa Chantier à 18 m I 1 200 < 1 800 ≤ 3 000
1 500 hPa Séance en caisson médical I 1 200 < 1 500 ≤ 3 000
3 200 hPa Tunnelier II 3 000 < 3 200 ≤ 5 000

Classe 1 mention A : ce qui existe en droit et ce qui se forme

La direction générale du travail confirme que la classe 0 mention A existe depuis le décret n° 2011-45 du 11 janvier 2011. Aucun contenu de formation n’est fixé pour les classes 0 et 1 de la mention A par l’arrêté de 2016. La formation du scaphandrier démarre donc à la classe 2. La classe 1 mention A reste un niveau sans parcours de formation défini.

Le résultat se voit dans les annonces : les employeurs de scaphandriers demandent le CAH classe 2 mention A. Certains répertoires affichent encore l’intitulé « mention A : classes I, II, III ». L’annexe I de l’arrêté de 2016 ne fixe pourtant les durées de la mention A que pour les classes 2 et 3.

CAH classe 2 mention A : le certificat du scaphandrier

Le CAH classe 2 mention A autorise les travaux subaquatiques jusqu’à 50 m, soit 5 000 hPa. Les offres et les référentiels écrivent « CAH 2A », « CAH 2 A » ou « CAH IIA ». Le chiffre donne la classe, la lettre la mention. Le titre professionnel de scaphandrier travaux publics ne le remplace pas. Depuis le 1er janvier 2022, les deux sont exigés pour la mention A (article R4461-27, IV).

  • Une équipe de mention A compte au moins trois personnes titulaires du CAH, qui se répartissent cinq fonctions.
  • Le narguilé est le mode d’alimentation par défaut. Le scuba autonome exige l’autorisation de l’inspection du travail. Elle dispose de 15 jours pour répondre, et son silence vaut refus. La règle figure à l’article 31 de l’arrêté du 14 mai 2019.

Une dérogation protège les scaphandriers déjà en poste. Elle vise les scaphandriers titulaires d’un CAH au 1er janvier 2022. Ils justifient de 15 heures de plongée depuis le 1er janvier 2019, sur une activité couverte par un bloc de compétences du titre. Elle figure à l’article 5, II du décret n° 2020-1531 du 7 décembre 2020.

Beaucoup de candidats viennent d’un métier technique (soudeur, mécanicien, électricien) et construisent leur parcours de plongeur professionnel autour de ce certificat. Les travailleurs formés à l’étranger présentent une attestation de formation ou de certification équivalente, délivrée par l’autorité nationale compétente.

Formation hyperbare durée minimale : 8 semaines en classe 2, 4 en classe 3

L’article 10 de l’arrêté renvoie aux annexes I à IV pour les durées de chaque mention et de chaque classe. Pour la mention A, la formation initiale minimale avant l’examen est de huit semaines en classe 2 et de quatre semaines en classe 3. La classe 3 n’est accessible qu’aux titulaires de la classe 2, et des temps minimaux de plongée s’ajoutent à ces durées.

Parcours Calcul Durée cumulée
CAH 2 A seul Minimum de l’annexe I 8 semaines
CAH 2 A puis CAH 3 A 8 + 4 12 semaines
CAH 2 A puis titre professionnel de 525 h 8 + (525 ÷ 35) 23 semaines
Parcours intégré annoncé à 980 h 980 ÷ 35 28 semaines

Les 525 h correspondent au titre professionnel suivi après un CAH 2 A déjà acquis. Les 980 h décrivent un parcours intégré, module CAH de huit semaines compris. Ces chiffres viennent de pages de catalogue consultées en novembre 2026, et une semaine est comptée à 35 h. Le titre professionnel reste un parcours distinct du CAH.

Des centres publient 49 heures pour la classe 1 mention B et 70 heures sur dix jours pour la mention C (pages consultées en novembre 2026). Ces durées ne remplacent pas les minimums réglementaires des annexes de l’arrêté.

CAH mention B : classes 0 à III et prérequis de plongée

Le CAH mention B existe dans les quatre classes. Les plongeurs scientifiques relèvent surtout des classes 0, 1 et 2, que les laboratoires abrègent en CAH 0B, 1B ou 2B. Les prérequis ci-dessous sont ceux d’un centre de formation, relevés en novembre 2026.

Plongeur scientifique posant un quadrat sur un herbier de posidonie en Méditerranée
Illustration : relevé scientifique sur un herbier sous-marin.
Classe Profondeur Prérequis publié Durée annoncée
1 30 m (3 000 hPa) Autonomie à 30 m (PA40 ou équivalent), aptitude médicale hyperbare de moins d’un an ; CAH classe 0 non exigé 49 h
3 Au-delà de 50 m CAH classe 2 mention B, niveau PA60, qualification trimix, plongée dans la zone des 50 m dans l’année précédente Sur devis

Les prérequis réglementaires propres à chaque mention figurent dans les annexes de l’arrêté, comme le précise son article 3.

Mention C hyperbariste et mention D : l’hyperbarie sans immersion

La mention C hyperbariste concerne le personnel de santé des centres de médecine hyperbare : médecins, infirmiers, opérateurs de caisson. Elle se prépare en classe I (3 000 hPa) ou en classe II (5 000 hPa). L’arrêté du 29 mai 2024 exige de l’opérateur un CAH mention C de classe I au moins. La règle vaut en centre de médecine hyperbare comme au caisson de recompression de sauvegarde.

Opérateur devant le pupitre de commande d'un caisson hyperbare dans un centre de médecine hyperbare
Illustration : poste de commande d’un caisson hyperbare en milieu hospitalier.

La mention D couvre les travaux sans immersion réalisés par des entreprises certifiées : tubistes, soudeurs hyperbares, simulations en ambiance sèche. Elle dispose depuis 2024 de son propre arrêté de procédures, daté du 22 avril 2024. Ce texte demande au personnel qui utilise le caisson de recompression de sauvegarde une formation aux interventions de mention C.

Validité du CAH : cinq ans, recyclage et date d’échéance

Un CAH est valable cinq ans (article 11 de l’arrêté). Le recyclage s’organise dans l’année qui précède l’expiration, par un examen identique à celui de la formation initiale. En cas de réussite, le nouveau certificat court cinq ans à partir de l’ancienne date d’expiration, non de la date de l’examen. Un échec n’interdit pas de repasser l’examen à tout moment.

Cas (exemples fictifs) Données Calcul Résultat
Recyclage CAH expirant le 14 mars 2028, examen réussi le 20 janvier 2028 Fenêtre ouverte depuis le 14 mars 2027 ; 14 mars 2028 + 5 ans Nouvelle échéance : 14 mars 2033
CAH de l’ancien régime Délivré le 1er mars 2015, validité de 10 ans Échéance théorique au 1er mars 2025, plafonnée au 1er janvier 2022 3 ans et 2 mois de validité perdus

L’ancien régime, celui de l’arrêté du 28 janvier 1991, accordait dix ans. L’arrêté de 2016 a ramené la durée à cinq ans. Les certificats antérieurs à 2017 sont devenus caducs le 1er janvier 2022, d’après le questions-réponses de la direction générale du travail.

Équivalences, CAH étrangers et textes de référence

L’article 13 de l’arrêté organise une passerelle au départ de la mention A. Le titulaire d’un CAH mention A peut réaliser des interventions de mention B et des travaux de mention D. La limite est la classe inscrite sur son certificat. Il applique alors les procédures propres à chaque mention.

  • Avant 2019, des équivalences existaient. Depuis le 1er janvier 2019, chaque organisme certifié apprécie les compétences du candidat avant de lui accorder un allègement.
  • Un travailleur formé hors de France fournit une attestation de formation ou de certification équivalente (article R4461-27).
  • Le certificat de conseiller à la prévention hyperbare est un document distinct du CAH.
  • La certification des entreprises, prévue par l’arrêté du 29 septembre 2017 et valable quatre ans, est collective, alors que le CAH est individuel.

Les textes qui encadrent le certificat

  • Code du travail, articles R4461-27 à R4461-36 : formation et certificat, avec les mentions et les classes à l’article R4461-28.
  • Arrêté 12 décembre 2016 hyperbare : modalités de formation à la sécurité, durées minimales (annexes I à IV), validité, recyclage et équivalences.
  • Arrêté du 14 mai 2019 : travaux subaquatiques de mention A, en remplacement de l’arrêté du 30 octobre 2012.
  • Arrêtés du 22 avril 2024 (mention D) et du 29 mai 2024 (mention C) : procédures des interventions sans immersion.

Ce guide s’arrête à l’information réglementaire. Il ne remplace ni le dossier pédagogique d’un organisme certifié, ni l’avis du médecin, ni les annexes de l’arrêté pour les durées des mentions B, C et D.

INPP : un acteur historique du CAH, en liquidation depuis 2024

L’Institut national de plongée professionnelle est une association créée en 1982 à Marseille, à l’initiative du Premier ministre. Avant la réforme de 2016, il délivrait le CAH à l’issue de ses propres stages ou de ceux d’organismes agréés, pour une validité de dix ans. Le tribunal judiciaire de Marseille a prononcé sa liquidation judiciaire le 18 juin 2024.

Ses formations ne sont plus disponibles, recyclage du CAH et accès aux classifications A et B compris. L’avis de cessation d’activité publié sur ce site le précise.

La presse régionale a rapporté en 2024 l’inquiétude de la profession sur le registre des diplômes que l’institut tenait pour le compte de l’État. Conservez l’original de votre certificat et de vos attestations de formation.

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