Route du Rhum 2026 : départ, flotte, Classe Ultim et arrivées

La Route du Rhum 2026 – Destination Guadeloupe part le dimanche 1er novembre 2026 à 13h02 au large de Saint-Malo, cap sur Pointe-à-Pitre. C’est la 13e édition de cette transatlantique en solitaire, courue sur une route théorique de 3 542 milles nautiques, soit 6 560 km. Environ 118 skippers sont attendus sur une ligne unique, répartis en six classes : Ultim, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Vintage Mono et Vintage Multi. Le village de Saint-Malo ouvre le 20 octobre et son accès est gratuit. Au rythme de 2022, les premiers Ultim toucheraient la Guadeloupe entre le soir du 7 et la matinée du 8 novembre, heure locale.

  • 1er nov., 13h02Départ au large de Saint-Malo
  • 3 542 millesRoute théorique, soit 6 560 km
  • 118 skippersSix classes sur une ligne unique
  • 6 j 19 h 47 minRecord Ultim, Charles Caudrelier, 2022

Les chiffres ci-dessous sont arrêtés au 6 octobre 2026. Plusieurs ont bougé pendant l’année, en particulier le nombre d’Ultim et d’IMOCA. La date de chaque source est indiquée.

Route du Rhum
Départ d’une flotte de course au large : monocoques et multicoques s’élancent sur un même plan d’eau.

Le calendrier 2026 tient en cinq dates, de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre

L’organisateur, OC Sport Pen Duick, a confirmé la date le 30 octobre 2025, un an jour pour jour avant le départ. L’avis de course du 12 septembre 2025 visait déjà le dernier dimanche des vacances de la Toussaint. Il tombe cette année le 1er novembre.

DateÉtapeLieu
22 septembre 2026Présentation officielle des skippersParis, Folies Bergère
20 octobre 2026Ouverture du village départ, 13 jours, environ 70 000 m², accès gratuitSaint-Malo, bassins
30 octobre au 1er novembreWeek-end de plus forte affluence, sorties d’écluseSaint-Malo
1er novembre 2026, 13h02Départ, ligne au large de la pointe du GrouinCancale
À partir du 6 novembre 2026Ouverture du village arrivéePointe-à-Pitre

L’horaire de 13h02 était déjà celui prévu en 2022.

3 542 milles sur le papier, environ 3 475 en ligne droite

Le chiffre de 3 542 milles est souvent présenté comme la distance parcourue. Il s’agit en réalité d’une route théorique fixée par l’organisation. Elle sert de référence au classement et intègre des marques de parcours imposées, dont aucune n’est sur la ligne droite entre les deux ports.

  • la porte ou bouée du cap Fréhel, à environ 16 milles du départ, qui fait longer la Côte d’Émeraude vers l’ouest ;
  • la Tête-à-l’Anglais, îlot au nord de la Guadeloupe ;
  • la bouée de Basse-Terre, dans le canal des Saintes, à laisser à tribord à une trentaine de milles de l’arrivée.

Nous avons calculé la distance du grand cercle entre le port de Saint-Malo et celui de Pointe-à-Pitre. Elle donne environ 3 475 milles. Une autre page avance 3 510 milles, selon les points de départ et d’arrivée retenus. La route théorique ajoute donc 30 à 70 milles à l’orthodromie, à cause du détour par Fréhel et du contournement de la Basse-Terre par le sud.

Pourquoi les vitesses officielles sont trompeuses

Personne ne navigue sur l’orthodromie. Il faut contourner l’anticyclone des Açores, descendre chercher les alizés et empanner. La distance courue est toujours plus longue que la route théorique. Or les vitesses moyennes officielles divisent 3 542 milles par le temps de course. Les 21,63 nœuds de Charles Caudrelier en 2022 correspondent exactement à 3 542 milles en 163,8 heures. Sa vitesse réelle sur l’eau était plus élevée, puisqu’il a couvert davantage de milles.

118 engagés pour une jauge de 117 : la flotte classe par classe

L’avis de course de septembre 2025 plafonnait la flotte à 117 bateaux, avec des quotas par classe. L’organisateur se réservait quelques invitations. La liste publiée au 16 avril 2026 comptait 118 skippers. Mettre les deux documents côte à côte montre un plateau rempli de façon très inégale.

ClasseJauge (avis de course, sept. 2025)Engagés (liste du 16 avril 2026)ÉcartEngagés 2022
Ultim76-18
Ocean Fifty1011+18
IMOCA4026-1438
Class404049+955
Vintage Mono813+529 (Rhum Mono et Multi)
Vintage Multi1213+1
Total117118+1138

Trois lectures se dégagent. La Class40 dépasse son quota de neuf bateaux et reste la classe la plus nombreuse, avec 49 inscrits encore confirmés fin septembre. L’IMOCA est la seule classe très en dessous de sa jauge. Elle aligne 26 bateaux contre 38 en 2022, un recul d’un tiers après l’année du Vendée Globe. Plusieurs équipes ont évoqué des budgets difficiles à boucler. Les deux classes Vintage, créées pour 2026, ont attiré plus de candidats que prévu.

La flotte totale baisse de 138 à 118 bateaux, soit 20 de moins qu’en 2022. Les titres sur une « flotte record » visent la densité du plateau ou le nombre de candidatures. Le nombre de partants était plus élevé il y a quatre ans.

Six, sept ou huit Ultim : le chiffre dépend de la date de la source

C’est la donnée la plus instable de cette édition, et les pages les mieux classées ne concordent pas. Les écarts correspondent surtout à des moments différents de la constitution de la flotte :

  • 16 avril 2026 : six Ultim inscrits, Louis Burton, Charles Caudrelier, Thomas Coville, Tom Laperche, Armel Le Cléac’h et Anthony Marchand ;
  • 9 juillet 2026 : Alexia Barrier annonce sa participation sur IDEC SPORT – CIC, ce qui porte le total à sept, soit la jauge exacte de la classe ;
  • fin septembre 2026 : un guide de voyage compte huit Ultim, avec Guirec Soudée sur l’Ultim MACSF, engagé selon lui le 17 septembre.

Le septième nom est confirmé par plusieurs médias indépendants. Alexia Barrier a validé sa qualification en solitaire entre le 31 août et le 4 septembre, au départ de Brest. Le huitième ne repose que sur un média à la date de rédaction. L’organisateur avait annoncé au printemps le retour de Soudée sur le Rhum, sans préciser la classe. Le marin, de son côté, se disait prêt à courir comme à renoncer.

Le même guide publie une répartition qui ne tombe pas juste. Ses 8 Ultim, 11 Ocean Fifty, 23 IMOCA, 49 Class40 et deux fois 14 Vintage font 119 bateaux, pour un total annoncé de 118.

Notre lecture

sept Ultim certains, un huitième probable à confirmer par la liste du village.

Le total général ne sera figé qu’à la veille du départ.

La Classe Ultim : sept trimarans pour un record de 6 jours et 19 heures

La Classe Ultim regroupe des trimarans océaniques d’environ 32 mètres de long pour 23 de large, conçus pour voler sur leurs foils. Ce sont les seuls bateaux de la flotte capables de traverser en moins d’une semaine. En 2022, Charles Caudrelier a gagné en 6 jours 19 heures 47 minutes et 25 secondes, record de l’épreuve. Il a amélioré de 18 heures 34 minutes la marque de Francis Joyon, établie en 2018 en 7 jours 14 heures et 21 minutes.

SkipperBateauCe qui compte pour 2026
Charles CaudrelierMaxi Edmond de Rothschild (Gitana 18)Tenant du titre et du record, sur un bateau neuf dont c’est la première transatlantique en course
Armel Le Cléac’hMaxi Banque Populaire XICinquième participation, jamais vainqueur du Rhum
Thomas CovilleSodebo Ultim 3Troisième en 2022
Tom LapercheSVR LazartigueLe bateau de François Gabart, deuxième en 2022
Anthony MarchandActual Ultim 4Engagé dès la liste d’avril
Louis BurtonUltim Armand ThieryEngagé dès la liste d’avril
Alexia BarrierIDEC SPORT – CICPremière femme engagée en Ultim sur le Rhum
trimaran Ultim Saint-Malo
Un grand trimaran devant les remparts de Saint-Malo lors de l’édition 2022. © Alexis Courcoux / #RDR2022

Le directeur de course, Francis Le Goff, table sur environ six jours et demi pour le premier Ultim. Il l’a résumé lors de la présentation de septembre :

On peut attendre le premier le 7 novembre.

Francis Le Goff, directeur de course, cité par Outremers360, 23 septembre 2026

Six jours et demi après 13h02, heure de Paris, on arrive le 7 novembre vers 20h, heure de Guadeloupe. La date annoncée et notre calcul se recoupent, à condition de raisonner en heure locale.

IMOCA, Ocean Fifty, Class40 : les favoris et les écarts de 2022

Derrière les Ultim, trois classes se jouent à des rythmes très différents. Les temps de 2022 donnent l’ordre de grandeur.

IMOCA : 26 monocoques et un tenant du titre

Thomas Ruyant a gagné en 2022 en 11 jours 17 heures 36 minutes, devant Charlie Dalin. Sa moyenne officielle était de 12,58 nœuds. Il revient en 2026 sur un nouveau bateau. Parmi les favoris reviennent Jérémie Beyou, le Britannique Sam Goodchild et l’Italien Ambrogio Beccaria. Violette Dorange, Élodie Bonafous et Francesca Clapcich peuvent s’intercaler. Selon un recensement de septembre, 15 des IMOCA engagés portent des foils.

flotte IMOCA
Une flotte de monocoques IMOCA serrée au près, peu après un départ de course au large.

Ocean Fifty : la classe des écarts minuscules

Erwan Le Roux a gagné en 2022 en 10 jours 21 heures 35 minutes. Quentin Vlamynck a coupé la ligne en 10 jours 21 heures 54 minutes. L’écart tient entre 18 et 19 minutes selon l’arrondi des secondes, après plus de dix jours de mer. Onze trimarans de 50 pieds sont engagés en 2026. Parmi eux, le Guadeloupéen Thibault Vauchel-Camus figure parmi les favoris et court en partant de chez lui pour rentrer chez lui.

Class40 : 49 bateaux sans tenant du titre

Yoann Richomme avait gagné en 2022 en 14 jours 3 heures 8 minutes. Il n’est pas au départ cette fois, ce qui ouvre la classe. Corentin Douguet, Fabien Delahaye et Ian Lipinski comptent parmi les marins les plus attendus. Professionnels et amateurs s’y côtoient. Pour beaucoup, la qualification s’est jouée en juillet sur la DRHEAM-Cup 2026. Son parcours de 1 000 milles en solitaire comptait pour le Rhum.

Vintage Mono et Vintage Multi remplacent les anciennes classes Rhum

Jusqu’en 2022, les bateaux hors des grandes séries couraient en Rhum Mono et Rhum Multi. L’avis de course 2026 supprime ces deux catégories. Vintage Mono accueille les monocoques d’au moins 39 pieds, Vintage Multi les multicoques de 38 à 79 pieds. Le format a été pensé pour faire revenir d’anciens trimarans ORMA et des bateaux qui ont marqué l’histoire de la course.

Le résultat se lit dans la flotte. Damien Seguin, Guadeloupéen venu de l’IMOCA, revient en multicoque sur l’ex-Fujicolor II. Il avait vu ce bateau enfant, aux pontons de Pointe-à-Pitre, en 1990. Le Martiniquais Gilles Lamiré dispute sa sixième participation sur un ORMA resté dix ans au sec à Saint-Malo. Francis Joyon, Roland Jourdain, Marc Guillemot et Jean Le Cam figurent aussi dans ces catégories.

Ces bateaux ne joueront pas le classement général. Ils permettent de comparer trois générations de multicoques sur le même parcours. Ils prolongent aussi la vie de coques déjà construites au lieu d’en lancer de nouvelles.

Arrivées en Guadeloupe : notre projection à partir des temps de 2022

Aucun organisateur ne publie de fenêtre d’arrivée par classe avant le départ, puisque tout dépend de la météo. Nous avons appliqué les temps des vainqueurs de 2022 à l’horaire du 1er novembre 2026, 13h02 à Paris, soit 12h02 UTC, puis converti chaque arrivée dans le fuseau de la Guadeloupe pour obtenir une heure locale. La Guadeloupe vit en UTC-4, cinq heures derrière Paris en novembre.

RéférenceTemps de courseVitesse sur 3 542 millesArrivée projetée, heure de Guadeloupe
Prévision Le Goff, Ultim6 j 12 h22,7 nœuds7 novembre, vers 20h
Ultim, record 20226 j 19 h 47 min21,6 nœuds8 novembre, vers 3h50
Ultim, record 20187 j 14 h 21 min19,4 nœuds8 novembre, vers 22h20
Ocean Fifty, vainqueur 202210 j 21 h 35 min13,5 nœuds12 novembre, vers 5h40
IMOCA, vainqueur 202211 j 17 h 36 min12,6 nœuds13 novembre, vers 1h40
Class40, vainqueur 202214 j 3 h 8 min10,4 nœuds15 novembre, vers 11h10

Deux enseignements pratiques en sortent. Les Ultim arrivent souvent de nuit en heure locale, ce qui explique les images d’arrivées sous les fusées. Le village de Pointe-à-Pitre ouvre le 6 novembre, un ou deux jours avant les premiers bateaux. Les classes plus lentes s’étalent ensuite sur plus d’une semaine, jusqu’aux derniers Class40 et Vintage.

L’exercice a ses limites. Un départ décalé comme en 2022 décale toute la table. Une traversée sans alizés établis peut aussi ajouter une journée aux monocoques.

Routage, escales, pénalités : les règles qui façonnent la course

Le principe affiché est simple : un marin seul, sans assistance. Les instructions de course sont plus nuancées. Les règles suivantes sont celles de 2022, la version 2026 n’étant pas consultable publiquement à la date de rédaction.

  • Routage météo : autorisé pour les Ultim, les Ocean Fifty et les anciennes classes Rhum, interdit en IMOCA et en Class40. Le routeur d’Alexia Barrier confirme que la règle tient pour les Ultim en 2026.
  • Escales : dans un rayon de 150 milles autour du départ, jusqu’à la latitude de Bordeaux, un skipper peut s’arrêter réparer sans pénalité.
  • Départ anticipé : franchir la ligne avant le signal coûtait 4 heures de pénalité.
  • Zones interdites et dispositifs de séparation de trafic : leur traversée est sanctionnée dès la sortie de Manche.

Onze femmes au départ, soit environ 9 % de la flotte

Le chiffre est un record pour l’épreuve. Elles étaient deux sur 38 concurrents en 1978, Florence Arthaud et Aline Marchand. Aucune n’était au départ en 1994, sept l’étaient sur 138 en 2022. Rapporté à la flotte, le progrès est net sans être spectaculaire : environ 5 % en 2022, un peu plus de 9 % en 2026.

Elles courent dans quatre des six classes. Alexia Barrier est en Ultim et Anne-Claire Le Berre en Ocean Fifty. Violette Dorange, Élodie Bonafous et Francesca Clapcich courent en IMOCA. Six navigatrices sont en Class40, dont Aina Bauza, première Espagnole engagée, et Pamela Lee, première Irlandaise. Il n’existe pas de classement féminin : chacune court dans sa classe, contre les mêmes adversaires et sur le même parcours que les hommes.

Voir le départ depuis la côte : village, écluses et points de vue

Le village est gratuit et sans billetterie. Les bateaux sont amarrés dans les bassins, à quelques mètres du public, et les sorties d’écluse rythment les journées. Les matinées de semaine restent les plus calmes, alors que le dernier week-end avant le départ concentre l’essentiel des visiteurs.

Le jour du départ, la ligne se trouve au large de la pointe du Grouin, loin des remparts. Chaque point de vue a ses contraintes :

  • pointe du Grouin, à Cancale : la plus proche de la ligne, avec un stationnement saturé très tôt ;
  • cap Fréhel : premier passage obligé de la flotte ; en 2022, l’accès routier était fermé et desservi par navettes ;
  • remparts de Saint-Malo : l’ambiance populaire, sans vue directe sur la ligne ;
  • pointe de la Varde et corniche d’Aleth : un compromis entre panorama et affluence ;
  • rive de Dinard et Saint-Lunaire : accessible en bateau-bus, moins dense.

Le site de Fréhel, classé Grand Site de France, est aussi connu des plongeurs. Ceux qui viennent plonger en Bretagne y trouvent des grottes à moins de dix mètres de fond.

Ce que ces chiffres ne disent pas encore

Plusieurs éléments restent ouverts au 6 octobre 2026, et ils touchent précisément les chiffres que l’on cite le plus volontiers avant un départ.

  • la liste définitive des partants, qui ne sera arrêtée qu’au village, après les contrôles de sécurité et de conformité des bateaux ;
  • le nombre d’Ultim, suspendu à la confirmation officielle de l’engagement de Guirec Soudée ;
  • l’interdiction du transport des bateaux par cargo jusqu’à Saint-Malo, avancée par un guide : chaque équipe devrait alors convoyer par la mer, mais cette règle ne figure pas dans les extraits publiés de l’avis de course et reste à vérifier.

Les projections d’arrivée supposent un départ le 1er novembre et une météo comparable à 2022. Un report de 72 heures comme il y a quatre ans les déplacerait d’autant. Les vitesses de la table sont calculées sur la route théorique. Elles servent à comparer les classes entre elles et sous-estiment ce que les bateaux font réellement sur l’eau.

Article rédigé par la rédaction d’INPP. Sources de travail : avis de course 2025, listes d’engagés d’avril à septembre 2026, résultats officiels de 2022 et déclarations de la direction de course. Données arrêtées au 6 octobre 2026.

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