Épaves à plonger en France : les plus célèbres, profondeurs et accès
Les épaves les plus célèbres à plonger en France tiennent dans une liste courte. En Méditerranée : le Donator et le Grec au sud-est de Porquerolles, le Togo en baie de Cavalaire, le sous-marin Rubis au cap Camarat. Devant Marseille, le Chaouen et le Liban. Ailleurs : l’Alice Robert à Port-Vendres, l’U171 au large de Lorient, l’Amoco Cadiz à Portsall, l’USS Susan B Anthony en Normandie, le B17 de Calvi. Leurs profondeurs s’échelonnent de 5 à 61 mètres. L’accès en dépend : six d’entre elles se visitent entièrement en PE-40. Les cinq autres exigent PE-60 pour atteindre la partie basse. Le B26 de Lavasina repose sous la limite réglementaire de la plongée à l’air.
- 11épaves retenues, de 5 à 61 mètres de fond
- 6 / 11accessibles en totalité avec l’aptitude PE-40
- 60 mlimite réglementaire de la plongée à l’air
- 40 %de hauteur visible en PE-40 sur les épaves profondes

Cette distinction figure rarement dans les fiches de sites. Un point bas à 47 mètres et un point bas à 40 mètres ne relèvent pas du même régime. On lit tantôt « niveau 2 », tantôt « niveau 3 » pour le même site. L’aptitude qui ouvre la profondeur annoncée reste rarement précisée.
Les onze épaves françaises les plus visitées, profondeur par profondeur
Le critère de sélection est annoncé avant la liste. Sont retenues les épaves situées dans les eaux métropolitaines et desservies de façon régulière par des structures de plongée. Une profondeur publiée doit exister pour chacune. Le classement suit la profondeur maximale croissante. Aucun jugement esthétique n’intervient. Les valeurs proviennent des fiches publiques de sites, des notices du parc national de Port-Cros pour les îles d’Hyères, de l’Atlas du patrimoine littoral et maritime. Données vérifiées au 28 août 2026.
| Épave | Zone | Nature | Point haut | Point bas | Espace d’évolution |
|---|---|---|---|---|---|
| B17 | Calvi, Haute-Corse | Bombardier, 1944 | 26 m | 28 m | 0 à 40 m |
| Amoco Cadiz | Portsall, Finistère | Pétrolier, 1978 | 6 m | 30 m | 0 à 40 m |
| USS Susan B Anthony | Port-en-Bessin, Calvados | Cargo militaire, 1944 | 11 m | 33 m | 0 à 40 m |
| Chaouen | Île du Planier, Marseille | Cargo, 1970 | 5 m | 36 m | 0 à 40 m |
| Liban | Île Maïre, Marseille | Paquebot, 1903 | 28 m | 36 m | 0 à 40 m |
| Rubis | Cap Camarat, Ramatuelle | Sous-marin, 1958 | 34 m | 40 m | 0 à 40 m |
| U171 | Lorient, Morbihan | Sous-marin, 1942 | 37 m | 41 m | 0 à 60 m |
| Grec (Sagona) | Porquerolles, Var | Cargo, 1945 | 35 m | 47 m | 0 à 60 m |
| Alice Robert | Argelès-sur-Mer, Pyrénées-Orientales | Bananier armé, 1944 | 33 m | 47 m | 0 à 60 m |
| Donator | Porquerolles, Var | Cargo, 1945 | 35 m | 51 m | 0 à 60 m |
| Togo | Baie de Cavalaire, Var | Charbonnier, 1918 | 47 m | 55 m | 0 à 60 m |
Le tronçon de poupe détaché du Togo repose plus bas encore, vers 61 mètres. Le B26 de Lavasina, en Haute-Corse, gît vers 65 mètres. Au-delà de la limite fixée pour l’air, il ne figure pas dans le tableau.

Pourquoi « niveau 2 » ne détermine pas l’accès à une épave
Le code du sport raisonne en aptitudes plutôt qu’en niveaux. L’annexe III-14 a distingue deux familles. Les aptitudes à évoluer encadré sont notées PE. Celles qui autorisent l’autonomie sont notées PA. Chacune est assortie d’un plafond de profondeur : 12, 20, 40 ou 60 mètres. La plongée à l’air s’arrête à 60 mètres, sans exception.
La règle en une ligne
Ce n’est pas le brevet qui ouvre la profondeur, c’est l’aptitude inscrite au carnet.
Un niveau 2 plafonne à 40 mètres en palanquée encadrée. Pour toucher le fond du Donator à 51 mètres, il faut PE-60, quel que soit le nom du brevet présenté au bateau.
- PE-20 : palanquée encadrée jusqu’à 20 mètres
- PE-40 : palanquée encadrée jusqu’à 40 mètres
- PE-60 : palanquée encadrée jusqu’à 60 mètres, encadrant de niveau 4 exigé
- PA-40 : autonomie jusqu’à 40 mètres, à partir de dix-sept ans
- PA-60 : autonomie jusqu’à 60 mètres
Le niveau 2 fédéral regroupe habituellement PE-40 et PA-20. Il plafonne donc à 40 mètres en palanquée encadrée, quel que soit le site visé. Descendre sur le Donator jusqu’à l’hélice suppose l’aptitude PE-60. La plupart des plongeurs l’obtiennent avec le niveau 3 ou par une qualification complémentaire. Cette mécanique explique la contradiction apparente entre les fiches. « Niveau 3 minimum » et « niveau 2 confirmé, PE-60 au minimum » décrivent la même règle par deux raccourcis différents. Le directeur de plongée vérifie l’aptitude, non l’intitulé du brevet.
Ce que les arrêtés de 2025 ont modifié
Les plafonds de profondeur n’ont pas bougé. Deux textes récents ont retouché les annexes du code du sport. L’arrêté du 17 octobre 2025, publié au Journal officiel du 30 octobre 2025, intègre le brevet d’enseignement de la plongée profonde à l’air dans les annexes III-15 a et III-15 b. Le même texte clarifie l’autonomie au nitrox pour les plongeurs de seize ans et plus. Un second arrêté du 24 novembre 2025, publié au Journal officiel du 16 janvier 2026, remplace l’annexe III-15 b sur la qualification de l’encadrant de palanquée. Pour une sortie sur épave, l’effet porte sur les qualifications acceptées par la structure, non sur ce que le plongeur pourra voir.
Un PE-40 voit environ 40 % de la hauteur des épaves profondes
Le plafond des 40 mètres ne ferme pas un site. Il en coupe une tranche. Sur les cinq épaves classées dans l’espace 0 à 60 mètres, la part accessible se calcule à partir du point haut et du point bas.
Le calcul, épave par épave
- U171, de 37 à 41 mètres : trois mètres sur quatre restent sous la limite, soit 75 %
- Alice Robert, de 33 à 47 mètres depuis la chute du mât : sept mètres sur quatorze, 50 %
- Grec, de 35 à 47 mètres : cinq mètres sur douze, 42 %
- Donator, de 35 à 51 mètres : cinq mètres sur seize, 31 %
- Togo, point haut à 47 mètres : rien

Moyenne des cinq : environ 40 % de l’amplitude verticale. Un plongeur PE-40 correctement encadré voit donc moins de la moitié de la hauteur de ces épaves. La partie la plus photographiée se trouve presque toujours en dessous. L’hélice du Grec est à 47 mètres, celle du Donator à 51. La barre à roue, les coursives tapissées de gorgones, la salle des machines se situent sous la limite.
Ce calcul mesure une hauteur et non un intérêt. Sur l’Alice Robert, la zone haute concentre l’armement du pont, largement de quoi remplir une plongée. Sur le Togo, le chiffre dit en revanche exactement ce qu’il faut comprendre : il n’existe aucune version PE-40 de cette plongée.
Le Donator et le Grec : deux mines, deux épaves, une confusion tenace
Les deux cargos reposent à quelques centaines de mètres l’un de l’autre, au sud-est de Porquerolles. Ils sont régulièrement fusionnés en une seule épave sous le nom de l’un ou de l’autre. Ce sont deux navires distincts, coulés dans les mêmes conditions à trois semaines d’intervalle.
Le Donator, 78 mètres, point bas 51 mètres
Construit en 1931 à Bergen sous ce nom, il devient Petite Terre pour le transport de bananes puis Prosper Schiaffino en 1939. Le 10 novembre 1945 vers 13 h 15, il heurte une mine dérivante en contournant Porquerolles par le sud pour se protéger du mistral. La proue se détache presque entièrement. Le cargo sombre en quatre minutes. Le bilan retenu par les fiches détaillées du naufrage est de cinq morts, dont deux à bord du bâtiment venu recueillir les naufragés.
Le Grec, ex-Sagona, point bas 47 mètres
Construit en 1912 à Dundee, il mesure 53 à 54 mètres pour 808 tonneaux. Il a servi de caboteur à Terre-Neuve, entre l’île et le Labrador, avec des campagnes de chasse au phoque au printemps. Il finit sous pavillon panaméen pour un armateur grec. Le 3 décembre 1945, chargé de barriques de vin, il saute lui aussi sur une mine flottante près du Petit Sarranier. Deux morts et un disparu. Le surnom vient des documents de bord rédigés en grec, retrouvés par des plongeurs de la Marine qui ne savaient plus à quel navire ils avaient affaire.
Le nom circule aussi sous la graphie fautive « Savona », qui désigne une ville italienne. La confusion a des conséquences pratiques, puisque les deux épaves n’imposent pas la même profondeur maximale. Un plongeur qui prépare sa sortie sur les fonds marins de Porquerolles croira réserver une plongée là où il en réservera une autre.
Le Rubis, sabordé en janvier et non en juillet
Le Rubis est un mouilleur de mines de la série Saphir, lancé à Toulon en 1931, long de 66 mètres pour 7 mètres de large. Il emportait 32 mines, un canon de 75 mm, des tubes lance-torpilles. Son palmarès de guerre est documenté : 28 missions, 683 mines larguées, une vingtaine de bâtiments coulés, un U-Boot endommagé. Retiré du service actif en 1949, il sert de bâtiment d’instruction puis de base sous-marine avant d’être immergé volontairement.

Deux dates pour un sabordage
Le 31 janvier et le 31 juillet 1958 circulent l’un comme l’autre. La première date est corroborée par le détail de l’opération. Le remorqueur Samson et la gabare Criquet amènent le sous-marin au large du cap Camarat. Une charge de neuf kilos, placée par le commandant Riffaud, fait exploser l’arrière. La seconde date n’est accompagnée d’aucun élément vérifiable. Le 31 janvier 1958 est donc retenu ici.
Ce que l’on voit sur le fond
L’épave est posée droite sur un fond de sable à 40 mètres, au sud du cap Camarat, sur la commune de Ramatuelle. Elle tient dans l’espace 0 à 40 mètres. C’est la seule grande épave de sous-marin de Méditerranée accessible sans aptitude profonde. La pénétration par le kiosque reste formellement interdite.
Marseille : le Chaouen et le Liban, deux régimes d’accès opposés
Le Chaouen est un cargo marocain de 90 mètres lancé en 1961 à Travemünde. Le 21 février 1970, chargé de 640 tonnes d’oranges, il heurte le sec de la Pierre à la Bague au nord-ouest de l’île du Planier. Le remorquage échoue, le mistral se lève, le navire finit par couler dans une crique à l’ouest de l’île. Erreur de navigation ou négligence, la cause exacte n’a jamais été établie. La proue ouverte apparaît vers 5 à 6 mètres. L’hélice tordue et le gouvernail reposent à 36 mètres. Un baptême voit l’avant, un PE-40 fait le tour complet : peu de sites français offrent un tel étagement sur une seule carcasse.
Le Liban, le plus lourd naufrage des eaux marseillaises
Ce paquebot de 91 mètres a été construit en 1882 à Glasgow pour la compagnie Fraissinet. Le 7 juin 1903, il quitte la Joliette pour Bastia avec environ 220 personnes à bord. Éperonné par l’Insulaire au sud de l’île Maïre, il coule en vingt minutes, faisant près de cent victimes. L’épave repose entre 28 et 36 mètres, dans le périmètre du parc national des Calanques. La plongée commence donc là où celle du Chaouen se termine.
Le Planier, décor du premier film tourné en scaphandre autonome
En juillet 1943, Jacques-Yves Cousteau, Philippe Tailliez et Frédéric Dumas tournent « Épaves » sur les fonds de Marseille et de Toulon. Le film est le premier réalisé avec le scaphandre autonome Cousteau-Gagnan, dont deux prototypes fournis par Air liquide apparaissent au générique. Parmi les carcasses filmées figure le Dalton, échoué au Planier en 1928, à quelques centaines de mètres du futur point de chute du Chaouen.
« le premier témoignage de la beauté sous-marine »
Philippe Tailliez, à propos du film Épaves, cité par la Cité de la Mer
Sur ces deux sites, la contrainte tient à la météo davantage qu’à la profondeur. Le Planier n’offre aucun abri par mistral ni par vent d’est. Le Liban est protégé du mistral par l’île Maïre, mais reste exposé aux houles de sud et d’est. La proximité de la ville trompe : la rade de Marseille annule des sorties toute l’année.
Manche et Atlantique : des épaves peu profondes et très exposées
L’Amoco Cadiz impose une autre échelle. Le pétrolier libérien mesurait 334 mètres pour 51 mètres de large. Il s’est éventré sur les roches de Portsall le 16 mars 1978 avec environ 227 000 tonnes de brut à bord. Près de 220 800 tonnes se sont répandues sur deux cents kilomètres de côtes. Les deux chiffres coexistent parce qu’ils comptent des choses différentes, la cargaison embarquée et le volume déversé.

L’épave aujourd’hui
Brisée en trois, elle s’enfonce lentement jusqu’à trente mètres, la partie arrière remontant à six mètres. Sa taille interdit d’en faire le tour en une immersion. Les sorties se programment aux étales de marée. La visibilité varie de dix à vingt-cinq mètres selon les jours.
L’U171, sépulture marine protégée par arrêté
Le sous-marin allemand a coulé sur une mine le 9 octobre 1942 en vue de Lorient, au retour d’une patrouille dans le golfe du Mexique. Trente hommes ont regagné la surface, vingt-deux sont morts avec le bâtiment. Un arrêté préfectoral du 10 mars 1999, pris à la demande de l’ambassade d’Allemagne, interdit la plongée dans un rayon de cent cinquante mètres autour de l’épave. La pénétration n’y relève donc pas du conseil de prudence.
Le Susan B Anthony et le sauvetage de 2 689 hommes
Ce paquebot de 153,8 mètres hors tout, lancé en 1930 sous le nom de Santa Clara, transportait des troupes vers la Normandie. Le 7 juin 1944, une mine explose sous la cale numéro 4. Le navire perd toute propulsion et gîte de huit degrés sur tribord.
Le navire disparaît à 10 h 10. L’épave repose aujourd’hui sur le flanc bâbord entre 11 et 33 mètres. L’avant, jonché de munitions, est la partie lisible. L’arrière n’est plus qu’un champ de tôles. Les courants y sont parfois violents.
Port-Vendres : l’Alice Robert, la seule épave de la liste sous arrêté préfectoral
Ce cargo frigorifique de 88,3 mètres, construit en 1934 au Danemark, transportait des fruits des colonies vers Bordeaux et Nantes. Réquisitionné fin 1942, armé par la Kriegsmarine sous le matricule SG-11, il assure des missions d’escorte depuis Port-Vendres. Le 2 juin 1944, une torpille du sous-marin britannique Ultor le frappe à l’arrière bâbord. Le navire se casse en deux et coule en une demi-heure, entraînant 27 des 202 hommes embarqués.
Ce que l’arrêté de 2023 autorise
La tempête Gloria, en janvier 2020, a fait tomber le mât et rompu les cales, exposant un stock de munitions. La plongée a été interdite le 21 juillet 2020. Six opérations du groupe de plongeurs-démineurs de la Méditerranée ont permis de neutraliser 345 obus de différents calibres ainsi que 6 grenades anti-sous-marines.
Un arrêté préfectoral du 9 juin 2023 a rouvert le site sous conditions.
« La plongée sous-marine demeure interdite à l’intérieur de l’épave »
Arrêté préfectoral n° 172/2023 du 9 juin 2023
Aucune autre épave de cette sélection n’est encadrée de façon aussi stricte. Six campagnes de déminage ont réduit le danger sans le supprimer, et le régime d’accès peut évoluer d’une année à l’autre selon les constats de la Marine.
Corse : le B17 de Calvi et la limite des 60 mètres
Le B17 s’est posé à plat sur le sable après un amerrissage forcé en 1944, au pied des remparts de la citadelle de Calvi. Les fiches oscillent entre 26 et 28 mètres pour la profondeur, écart sans effet sur les conditions d’accès. Les quatre moteurs et les ailes sont en place. Le nez a disparu, tout comme la queue de l’appareil, où un membre d’équipage était resté coincé. On y croise murènes, apogons, labres, rascasses.
Le B26 de Lavasina, hors du cadre récréatif
Cette seconde épave d’avion relève d’une tout autre catégorie. Il repose vers 65 mètres, au-delà des 60 mètres fixés par le code du sport pour l’air. Cette profondeur le renvoie à la plongée aux mélanges, avec la formation et la logistique que cela suppose. La précision manque souvent dans les sélections d’épaves corses.
Gorgones, congres et laminaires : la faune change avec la façade
Une épave devient un récif artificiel. La colonisation ne suit pas les mêmes règles selon la mer et l’âge du naufrage. En Méditerranée profonde, les gorgones rouges et jaunes tapissent les coursives du Donator, du Grec, du Togo. Anthias et castagnoles accompagnent la descente. Mérous, dentis, sérioles, congres, murènes, rascasses, chapons occupent les recoins.
La lumière artificielle change complètement la scène. Sans lampe, les gorgones apparaissent bleu sombre. Un phare les fait passer au rouge et au jaune, ce qui explique la réputation photographique des deux épaves de Porquerolles.
Atlantique et Manche : laminaires, homards, tacauds
Les épaves récentes restent pauvres en flore fixée. Le Chaouen, coulé en 1970, porte encore peu de gorgones, mais concentre bancs de sardines et de castagnoles. Le Liban, plus ancien de soixante-sept ans, est largement recouvert d’éponges et de gorgones rouges.
Sur la façade atlantique, la palette bascule. Laminaires sur les parties hautes de l’Amoco Cadiz, homards, congres et langoustes sur l’U171, bancs de tacauds le long de la coque. La faune y est moins colorée. L’intérêt d’une plongée bretonne ou normande tient d’abord à la structure et à l’histoire du site.
Ports d’embarquement et fenêtres de plongée
Aucune de ces épaves ne se rejoint depuis le bord. Toutes demandent un bateau. Les zones d’embarquement varient peu d’une saison à l’autre.
- Normandie : Arromanches, Port-en-Bessin, Asnelles, Caen pour le Susan B Anthony
- Nord-Finistère : Ploudalmézeau, Argenton, Landéda, Plouguerneau pour l’Amoco Cadiz
- Morbihan : Lorient, Larmor-Plage, Groix pour l’U171
- Côte Vermeille : Port-Vendres, Argelès-sur-Mer, Banyuls, Collioure pour l’Alice Robert
- Bouches-du-Rhône : Marseille pour le Chaouen et le Liban
- Var : de Hyères au Lavandou pour le Donator et le Grec, de Cavalaire à Saint-Tropez pour le Rubis et le Togo
- Balagne : Calvi, Lumio, Algajola, L’Île-Rousse pour le B17
La saison utile va d’avril à novembre en Méditerranée, avec une eau autour de 14 °C au printemps et jusqu’à 24 °C en fin d’été. En Manche et en Atlantique, la fenêtre se resserre sur juin à septembre. Sur l’Amoco Cadiz, le paramètre décisif reste la marée : les sorties se calent sur les étales, sans quoi le courant rend l’exploration impraticable.
Combien d’épaves gisent réellement dans les eaux françaises
Le chiffre de 15 000 à 20 000 épaves circule sans jamais être rattaché à une méthode. Il provient d’une estimation du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Ce service évalue à près de 20 000 le nombre de biens culturels et d’épaves dans les seules eaux métropolitaines. Pour les eaux ultramarines, il retient un ordre de grandeur de 150 000 à 200 000.
Estimation contre inventaire
Le même ministère publie un second chiffre : plus de 6 000 épaves recensées sur le littoral français depuis 1966. À cela s’ajoutent 63 234 biens culturels maritimes inventoriés. Les deux valeurs sont exactes et ne comptent pas la même chose. La première est une estimation du gisement, la seconde un inventaire effectif.
Le rapport se calcule : environ 30 % du gisement métropolitain estimé a fait l’objet d’un recensement. Annoncer « 20 000 épaves en France » sans cette précision laisse croire à un catalogue disponible, alors que l’essentiel n’a jamais été localisé. Pour le plongeur loisir, la conséquence est directe : le nombre de sites réellement desservis se compte en centaines, non en milliers.
Courant, pénétration, narcose : ce que la profondeur ne dit pas
La profondeur détermine le cadre réglementaire. Elle ne suffit pas à décrire la plongée. Trois facteurs pèsent souvent plus lourd.
- Le courant. Sur le Donator et le Grec, il oblige à remonter au bout de mouillage sous peine de faire ses paliers en dérive, loin du bateau. Sur le Rubis, il peut souffler jusqu’au fond à trois nœuds.
- La pénétration. Elle est interdite sur l’U171 comme à l’intérieur de l’Alice Robert, ainsi que par le kiosque du Rubis. Elle est déconseillée dans les entrailles du Donator, structurellement dégradées.
- La charge narcotique. Entre 40 et 51 mètres, la pression partielle d’azote passe de 3,95 à 4,82 bars. L’ivresse des profondeurs altère le jugement au moment où la planification devient serrée.
Ajoutez la visibilité, très inégale d’une façade à l’autre. Deux à dix mètres sur le Susan B Anthony, souvent trouble sur l’Alice Robert, excellente au Planier comme sur le Togo. Une épave notée facile sur la profondeur peut se révéler exigeante sur tout le reste.
Limites de cette comparaison
Les profondeurs indiquées ici restent des valeurs de site et non des relevés. Une épave qui s’affaisse, un mât qui tombe, un ensablement progressif déplacent le point haut de plusieurs mètres en quelques années. L’Alice Robert en fournit l’exemple : son mât culminait à 25 mètres avant janvier 2020, le point haut se situe aujourd’hui une dizaine de mètres plus bas. Le mât du Donator a subi le même sort.
Le cas du Togo
Le charbonnier a été lancé en 1882 sous le nom de Ville de Valence, pour les lignes d’Espagne. Il a navigué sous pavillon italien sous le nom d’Amor avant de sauter sur une mine en 1918. Son sister-ship, la Ville de Cadix, avait disparu corps et biens au large du cap Saint-Vincent en 1893.
Sa proue est donnée à 47 mètres, son arrière à 55. Un tronçon de poupe détaché repose à 61. Selon le morceau visé, la plongée reste dans le cadre de l’air ou le dépasse. Une profondeur unique annoncée pour cette épave n’a pas de sens. Seul le briefing du jour tranche.
Sur quoi repose cette comparaison
Ce texte compare des données publiées : fiches de sites, notices du parc national de Port-Cros, Atlas du patrimoine littoral et maritime, arrêtés préfectoraux et textes réglementaires. Aucune de ces épaves n’a été plongée pour les besoins de l’article. Le classement par espace d’évolution ne remplace ni un briefing ni la décision du directeur de plongée, seul habilité à valider une aptitude sur site.
Article rédigé et vérifié par la rédaction de l’INPP. Publié le 28 août 2026. Données réglementaires à jour de l’arrêté du 24 novembre 2025, publié au Journal officiel du 16 janvier 2026.


