Plonger à Lorient, sites, profondeurs et aptitudes exigées

Plonger à Lorient revient à choisir parmi une quinzaine de sites. Ils se répartissent entre la côte de Ploemeur à Larmor-Plage, la rivière d’Étel et le pourtour de Groix, avec des profondeurs de 10 à 45 mètres. Les épaves de la Seconde Guerre mondiale y dominent nettement. Ce qui commande l’accès n’est pas la réputation du site mais sa profondeur. Le code du sport découpe en effet la pratique en espaces d’évolution de 0 à 12, 0 à 20, 0 à 40 puis 0 à 60 mètres, chacun conditionné à des aptitudes exigées précises. Six des quatorze sites recensés ici affichent une profondeur publiée qui franchit une de ces limites. Le choix se joue donc sur des mètres, pas sur des impressions.

plongée épave Groix

Ce que recouvre réellement la zone de plongée lorientaise

La zone se lit en trois secteurs distincts. Le premier longe la côte de Ploemeur à Larmor-Plage, avec Kerroc’h, la roche du Grazu face à Kerpape et le Thuringen posé devant Gâvres. Le deuxième est le pourtour de Groix, qui concentre l’essentiel des épaves et se rejoint en une vingtaine de minutes de navigation depuis Larmor-Plage. Le troisième est la rivière d’Étel, à l’est, où le Magouer et le Vieux Passage se plongent du bord.

Une confusion revient dans plusieurs guides en ligne. Le Philippe Éric, l’Hanan, son escorteur et le Kansan y sont présentés comme des épaves lorientaises. Ils reposent en réalité autour de Belle-Île-en-Mer, à une cinquantaine de kilomètres au sud, atteints depuis Le Palais ou Quiberon. Y aller suppose un autre bateau et une autre journée. La rade elle-même n’offre pas de plongée d’exploration digne de ce nom – ses épaves visibles sont les cimetières de bateaux de Kerhervy à Lanester et du Magouer à Plouhinec, découverts à marée basse.

Les profondeurs publiées pour l’U-171 s’étalent sur sept mètres

Le sous-marin allemand U-171 a sauté sur une mine entre Lorient et Groix le 9 octobre 1942. Il rentrait de son unique patrouille dans le golfe du Mexique, après 115 jours de mer. L’épave a été localisée en 1982 par le chasseur de mines Éridan, pendant ses essais de sonar. Sa profondeur, elle, dépend de la fiche que vous consultez.

Épave Profondeurs publiées Amplitude
U-171 38 m, 39 m, 40 m, 45 m 7 m
Le Cyrano 18 m, 20 m 2 m
Le Sperrbrecher 20 m, 20-23 m, 20-25 m 5 m

Ces écarts traduisent trois manières de mesurer. Le relevé de la Marine nationale porte sur le fond à l’aplomb de l’épave, soit 39 mètres. Les fiches de clubs retiennent souvent la profondeur du point le plus haut de la structure, forcément plus faible. Les comptes rendus de plongées techniques descendent jusqu’au sable – au pied de la coque – ce qui donne les 45 mètres cités. Reprendre un chiffre unique sans savoir lequel des trois il désigne revient à planifier sur une donnée qui n’existe pas.

Le code du sport raisonne en aptitudes, non en niveaux fédéraux

club plongée Larmor-Plage

Depuis l’arrêté du 5 janvier 2012, la réglementation française ne définit plus l’accès aux profondeurs par les niveaux de plongeur. Elle le définit par des aptitudes. L’article A322-77 en distingue quatre familles.

  • PE, pour la plongée encadrée à l’air.
  • PA, pour la plongée en autonomie à l’air.
  • PN, pour les mélanges nitrox.
  • PTH, pour le trimix et l’héliox.

Le chiffre accolé donne la profondeur, PE-20 valant pour l’espace de 0 à 20 mètres.

L’article A322-76 fixe les espaces eux-mêmes, de 0 à 6, 0 à 12, 0 à 20, 0 à 40, 0 à 60, 0 à 70, 0 à 80 mètres puis au-delà. La plongée à l’air y est plafonnée à 60 mètres. Une palanquée d’aptitudes PE-20 évolue jusqu’à 20 mètres sous la responsabilité de son encadrant. Une palanquée PE-40 descend jusqu’à 40 mètres dans les mêmes conditions.

Le brevet fédéral reste la preuve usuelle de ces aptitudes, sans en être l’unité de mesure. La conséquence se voit sur le bateau. Une palanquée mixte est bornée par le plongeur dont les aptitudes sont les plus restrictives, ce qui aligne le groupe entier sur son membre le plus limité.

Depuis le 31 octobre 2025, l’autonomie a changé d’article

Les conditions de la plongée en autonomie figuraient à l’article A322-88. L’arrêté du 17 octobre 2025 l’a abrogé et les a transférées dans l’article A322-73, applicable depuis le 31 octobre 2025. Le dispositif tient en trois lignes.

  • Aptitudes PA-12, à partir de seize ans, dans l’espace de 0 à 12 mètres.
  • Aptitudes PA-20, à partir de seize ans, dans l’espace de 0 à 20 mètres.
  • Aptitudes PA-40, à partir de dix-sept ans, dans l’espace de 0 à 40 mètres.

Dans les trois cas, l’autonomie reste subordonnée à la décision du directeur de plongée, qui peut la refuser. Pour les mineurs, elle est limitée à l’air et au nitrox. Les documents de club rédigés avant l’automne 2025 renvoient encore à l’ancien article, ce qui ne change rien au fond mais rend leur référence caduque. La version du code citée ici est celle en vigueur au 15 août 2026.

Les quatorze sites lorientais classés par espace d’évolution

Le tableau reprend les profondeurs telles que les fiches de sites les publient, puis les traduit en espace d’évolution et en aptitude minimale. Lorsque la profondeur annoncée est une fourchette, c’est la valeur haute qui commande, puisqu’elle détermine le point le plus profond atteint par la palanquée.

Site Profondeur publiée Espace d’évolution Aptitude encadrée Autonomie
Le Thuringen, devant Gâvres 10 m 0 à 12 m PE-12 PA-12
Le Grazu, face à Kerpape 10-15 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Grottes de Pen Men, Groix 10-15 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Tahiti Beach, Groix 10-15 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Basse Mélite 15 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Kerroc’h, Ploemeur 10-20 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Les viviers de Groix 10-20 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Le Magouer et le Vieux Passage 15-20 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Le Cyrano, Groix 18-20 m 0 à 20 m PE-20 PA-20
Le Sperrbrecher, Port-Tudy 20-25 m 0 à 40 m PE-40 PA-40
L’épave au canon 25-30 m 0 à 40 m PE-40 PA-40
Basse Laurent 30 m 0 à 40 m PE-40 PA-40
Le Tasso et le Tapir 30 m 0 à 40 m PE-40 PA-40
U-171 38-45 m 0 à 40 m ou 0 à 60 m PE-40 ou PE-60 PA-40 ou PA-60

Huit sites sur quatorze tiennent dans l’espace de 0 à 20 mètres, un neuvième ne dépassant pas 12 mètres. Cette concentration explique la place que la zone accorde aux formations initiales et aux baptêmes. Quatre sites relèvent de l’espace de 0 à 40 mètres. Le dernier refuse de se laisser classer. C’est aussi le plus fréquenté de tous.

L’U-171 est le cas limite de toute la zone

Reprenons les deux bornes de l’écart.

  • À 39 mètres, l’épave tient dans l’espace de 0 à 40 mètres, ouvert aux aptitudes PE-40 en palanquée encadrée et PA-40 en autonomie.
  • À 45 mètres, elle bascule dans l’espace de 0 à 60 mètres, qui exige un PE-60 sous la responsabilité d’un enseignant de niveau 4.

L’autonomie dans ce second espace suppose un PA-60, réservé aux majeurs sur décision du directeur de plongée. Sept mètres d’amplitude déplacent donc l’exigence d’un cran entier de qualification. Aucune des pages de destination examinées pour ce guide ne signale ce basculement, alors qu’il conditionne la composition de la palanquée et la planification de la décompression. Un plongeur qui arrive avec un PE-40, sur la foi d’une fiche annonçant 38 mètres, peut trouver un directeur de plongée qui travaille sur 45.

Le reste tient à ce que l’épave est aussi une tombe. Les bilans publiés donnent 21 ou 22 morts, pour trente survivants sortis de la coque immergée. La double coque extérieure a disparu, la partie avant est sectionnée et les cadrans intérieurs ont été emportés au fil des décennies.

Les courants et l’étale commandent le créneau horaire

rivière d'Étel

En rivière d’Étel, le Magouer et le Vieux Passage se plongent du bord, ce qui les rend trompeusement simples. L’estuaire fonctionne comme un goulet, où le volume d’eau qui entre puis ressort à chaque marée doit franchir une section réduite. La vitesse du courant y suit directement le coefficient de marée. Une plongée engagée hors de l’étale y devient une dérive.

Le créneau utile se situe à l’étale, de préférence à l’étale de pleine mer. La raison tient à l’origine de l’eau. Au flot, l’estuaire se remplit d’eau océanique, plus claire, tandis qu’au jusant il évacue une eau chargée des sédiments repris dans la vasière. La visibilité se décide ainsi plusieurs heures avant la mise à l’eau, au moment où le club choisit son horaire sur l’annuaire des marées.

Aux grottes de Pen Men, à la pointe ouest de Groix, le même mécanisme joue à travers les éboulis rocheux, où le courant accélère entre les blocs. La visibilité y varie fortement d’une sortie à l’autre.

Au-delà de 20 mètres, l’équipement obligatoire change

L’article A322-80 fixe un seuil que peu de fiches touristiques mentionnent. En milieu naturel, tout plongeur encadré au-delà de 20 mètres doit disposer d’un équipement permettant d’alimenter un équipier en gaz sans partage d’embout. La même obligation vaut pour tout plongeur en autonomie. S’y ajoutent des instruments permettant de contrôler les paramètres de sa propre plongée et de sa remontée. Chaque palanquée emporte un parachute de palier. L’encadrant plonge avec deux sorties indépendantes et deux détendeurs complets.

Côté surface, l’article A322-78 impose à l’établissement un plan de secours écrit ainsi qu’un matériel défini.

  • Un moyen d’alerte, la VHF devenant nécessaire dès que la plongée part d’une embarcation en mer.
  • Un ensemble d’oxygénothérapie médicale normobare avec manodétendeur.
  • Un ballon auto-remplisseur à valve unidirectionnelle et ses trois masques.
  • Une couverture isothermique, de l’eau douce potable et des fiches d’évacuation.
  • Une bouteille d’air de secours équipée de son détendeur.
  • Un jeu de tables de décompression au-delà de 6 mètres.

Ces obligations pèsent sur l’établissement, pas sur le client. Demander à consulter le plan de secours avant d’embarquer reste néanmoins légitime. Un centre sérieux y répond sans difficulté.

Les limites de ce découpage

La section du code du sport citée ici encadre les établissements qui organisent la pratique. Elle ne s’applique ni à la plongée archéologique, ni à la plongée souterraine, ni aux parcours balisés d’orientation subaquatique. Une épave protégée au titre de l’archéologie relève d’un autre régime, avec ses propres autorisations préalables.

Les brevets étrangers posent une question distincte. Le directeur de plongée apprécie les aptitudes à partir du brevet présenté et du carnet de plongée. Il organise une plongée d’évaluation quand ces éléments ne suffisent pas. Une carte délivrée par un organisme international n’ouvre donc pas mécaniquement un espace d’évolution. Le directeur de plongée peut par ailleurs restreindre les prérogatives d’un plongeur selon les conditions du jour.

Trois points restent hors de portée de ce guide.

  • La profondeur exacte de l’U-171, qui demanderait un relevé récent au sondeur multifaisceaux.
  • Les tarifs et les créneaux des clubs, qui changent d’une saison à l’autre.
  • Les conditions du jour, houle, visibilité et température, qui se vérifient la veille.

Préparer une sortie sans se tromper de secteur

  • Vérifier que l’épave annoncée se situe bien autour de Groix et non de Belle-Île avant de réserver.
  • Demander au club quelle profondeur il retient pour le site et à quoi cette valeur correspond.
  • Présenter brevet et carnet de plongée dès l’inscription, pour que les aptitudes soient tranchées à terre.
  • Caler une sortie en rivière d’Étel sur l’étale, en consultant l’annuaire des marées.
  • Prévoir une protection thermique adaptée, les fiches consultées en août 2026 annonçant 12 à 13 °C en hiver et 17 à 18 °C en fin d’été.

En cas d’accident, l’alerte se donne au 196 depuis un téléphone ou sur le canal 16 de la VHF. Ces deux voies joignent le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage. Le 112 reste accessible partout. Préciser d’emblée qu’il s’agit d’un accident de plongée conditionne l’orientation vers un caisson de recompression.

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