Laurent Ballesta, portrait du biologiste-photographe des abysses

Laurent Ballesta est un biologiste marin et photographe français, né le 15 mai 1974 à Montpellier. Il dirige depuis 2013 le programme d’expéditions Gombessa. Celui-ci l’a mené du cœlacanthe des Comores aux requins-marteaux de Polynésie. Plongeur professionnel et auteur de treize livres, il associe protocoles scientifiques, prouesses techniques et photographie naturaliste. Son objectif : documenter des milieux que personne n’avait observés avant lui.

  • 13livres de photographie sous-marine publiés
  • 12 anscomme conseiller scientifique aux côtés de Nicolas Hulot (1999-2011)
  • 7expéditions Gombessa menées depuis 2013
  • 1 / 3 000écart entre l’objectif de protection intégrale (30 %) et la réalité (0,01 %)

Ce portrait retrace son parcours, explique la mécanique de ses expéditions les plus marquantes et fait le point sur ses travaux en cours en 2026.

biologiste marin plongeur
Laurent Ballesta lors d’une intervention publique.

Une vocation née devant les films de Cousteau

Laurent Ballesta grandit à Vendargues, près de Montpellier, dans une famille modeste. Le père, rapatrié d’Algérie, est postier. La mère travaille comme laborantine. Le dimanche soir, la famille regarde les documentaires du commandant Cousteau à la télévision. Pour l’enfant, ces images tiennent alors de la science-fiction. Avec son frère cadet, il rejoue ces expéditions sur les plages de Carnon et de Palavas. Des après-midi entiers à s’imaginer explorateur, bien avant de savoir nager en pleine mer.

Le baptême de plongée à treize ans

Le jeu devient un projet concret à treize ans. Il passe son baptême de plongée à la piscine de l’ASPTT de Montpellier. Sa première plongée en mer suit de peu, entre Carnon et Palavas, à la roche des Trois Arches, par six mètres de fond. Ce jour-là, il remonte un vieil ustensile de cuisine rouillé. Il l’étiquette comme une pièce archéologique, avec la date et la position notées au crayon. L’objet est resté chez lui depuis. À dix-sept ans, encore lycéen, il perd sa mère d’un cancer. L’épreuve introduit une urgence nouvelle dans ses choix. Direction la biologie marine, à l’université de Montpellier, pour se donner un métier qui mène sous l’eau. Les beaux-arts, où sa sensibilité aurait pourtant pu le conduire, attendront deux décennies pour être reconnus dans son travail.

Le biologiste avant le photographe

Le parcours universitaire de Laurent Ballesta se spécialise en écologie benthique. Cette discipline étudie la faune et la flore qui vivent sur le fond des mers. Sa maîtrise de biologie est suivie d’un master d’écologie méditerranéenne. Durant ce cursus, il réalise la première cartographie bionomique des fonds marins de la réserve naturelle de Cerbère-Banyuls, dans les Pyrénées-Orientales. Un travail de terrain répétitif et minutieux, assez loin de l’image d’aventurier qui lui sera accolée plus tard.

La découverte du gobie d’Andromède

C’est pendant ces années, vers vingt-trois ans, qu’il fait sa première découverte scientifique. Une photographie qu’il soumet à un chercheur permet d’identifier un gobie dont la présence en Méditerranée n’était pas confirmée. Cet épisode compte pour beaucoup dans la façon dont il se définit depuis : naturaliste plutôt que photographe, et naturaliste plutôt que scientifique de laboratoire. Le naturaliste, explique-t-il en substance dans plusieurs entretiens, observe le terrain, décrit et vérifie deux fois avant de conclure. Il ne se contente jamais d’un premier avis extérieur, même venant d’un spécialiste reconnu.

Le service militaire et la découverte du recycleur

Le service militaire joue un rôle presque aussi structurant. Il l’effectue comme biologiste marin sur l’atoll de Rangiroa, en Polynésie française. C’est là qu’il découvre le recycleur à gestion électronique, un scaphandre alors réservé à un usage militaire. Cet équipement permet de rester en immersion beaucoup plus longtemps qu’avec un détendeur classique. Il deviendra la colonne vertébrale technique de toutes ses expéditions ultérieures.

Douze ans aux côtés de Nicolas Hulot

La rencontre qui fait basculer sa carrière se produit en Corse. Le jeune diplômé y apprend une chose utile. Nicolas Hulot, alors figure dominante de l’exploration télévisée en France, prend son café tous les matins dans un bistrot du village de Quenza. Ballesta l’aborde et lui montre ses photographies. De cet échange naît une collaboration de douze ans. De 1999 à 2011, il est conseiller scientifique en milieu marin pour l’émission Ushuaïa Nature, sur TF1. Le poste le conduit en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Guinée, à Madagascar, en Sibérie et aux Galápagos, entre autres destinations.

Cette décennie de tournages lui donne une expérience de terrain considérable, et une aisance devant la caméra plutôt rare chez un biologiste. Elle reste pourtant secondaire par rapport à ce qu’il construit en parallèle. Une structure à lui, pensée pour mener ses propres missions plutôt que pour illustrer celles des autres.

Andromède Océanologie, la fabrique des expéditions

En 2000, Laurent Ballesta fonde l’association L’Œil d’Andromède avec le biologiste Pierre Descamp, rencontré à la faculté. L’objectif affiché est de concilier l’étude océanologique et la valorisation artistique du milieu marin. L’association devient en 2008 une société, Andromède Océanologie, installée à Carnon. Elle reste aujourd’hui la structure derrière l’ensemble des expéditions Gombessa.

Donia, un outil de cartographie participative

Andromède ne se limite pas à la production d’images. La société a développé Donia, une application cartographique qui répertorie les herbiers de posidonie en Méditerranée. L’outil permet aux plaisanciers de choisir où mouiller sans abîmer ces plantes marines. Les ancres raclent le fond à chaque mouillage mal placé, avec des conséquences durables sur ces herbiers à croissance lente. La mesure a depuis été étendue à des unités plus petites. C’est ce même souci de traduire l’observation en décision concrète qui structure les expéditions Gombessa.

Les expéditions Gombessa, mission par mission

Le nom Gombessa vient du terme utilisé aux Comores pour désigner le cœlacanthe, ce poisson considéré comme un fossile vivant. Laurent Ballesta l’a repris comme nom de programme lors de sa première grande expédition, en 2013. Il l’a conservé depuis pour chaque mission suivante. Résultat : une confusion fréquente, le mot désignant à la fois le poisson et la série d’expéditions.

Le tableau suivant reprend les sept missions du programme, avec l’année de terrain, la zone et l’objet d’étude. Ce point mérite d’être précisé, car la presse régionale mélange parfois l’année de l’expédition et celle de la diffusion du documentaire qui en est tiré. Cela produit des chronologies légèrement différentes d’un article à l’autre.

Mission Année de terrain Lieu Objet d’étude
Gombessa I 2013 Canal du Mozambique, Afrique du Sud Premières images du cœlacanthe vivant par un plongeur, à 120 m
Gombessa II 2014 Fakarava, Polynésie française Reproduction des mérous camouflages
Gombessa III 2015 Terre Adélie, Antarctique Écosystèmes sous la banquise, phoques de Weddell
Gombessa IV 2017 Fakarava, Polynésie française Chasse nocturne de 700 requins gris
Gombessa V 2019 Méditerranée, entre Marseille et Monaco 28 jours de plongée à saturation, écosystèmes coralligènes profonds
Gombessa VI 2021 Cap Corse, Méditerranée 20 jours à 120 m, mécanisme des anneaux de corail noir
Gombessa VII (Tamataroa) 2022 à 2026 Rangiroa et Tikehau, Polynésie française Écologie et déplacements du grand requin-marteau

Un calcul simple donne la mesure du rythme de ce programme. Sept missions en treize ans depuis 2013, soit une expédition majeure tous les deux ans environ. Chacune est suivie d’une à deux années de traitement des données, de publication et de production documentaire, avant le terrain suivant. Ballesta avait trente-huit ans au lancement de Gombessa I : la mission de terrain, menée du 5 avril au 15 mai 2013, s’est achevée le jour même de son anniversaire. Il a en revanche très précisément cinquante et un ans au moment où Tamataroa entre dans sa phase finale, en mars 2026, avant son anniversaire de mai.

Gombessa V : le mécanisme derrière les 28 jours sous l’eau

Deux techniques de plongée inédites, combinées pour la première fois

L’expédition Gombessa V illustre le mieux la marque de fabrique du programme. Il s’agit de marier deux techniques de plongée qui n’avaient jamais été combinées. La première, la plongée à saturation, vient de l’industrie pétrolière offshore. Elle consiste à vivre en immersion prolongée dans un module pressurisé, à la pression du fond, pour éviter les longs paliers de décompression à chaque remontée. La seconde technique, la plongée en recycleur à gestion électronique, permet des sorties quotidiennes en autonomie depuis le module.

Vingt-huit jours dans une capsule de cinq mètres carrés

En pratique, l’équipe de quatre plongeurs a vécu vingt-huit jours dans une capsule de cinq mètres carrés, au large de Marseille et de Monaco. La pression intérieure correspondait à la profondeur d’étude. Chaque jour, les plongeurs sortaient travailler sur les récifs coralligènes profonds, sans avoir à remonter en surface entre deux sessions. Le gain de temps utile sous l’eau est considérable, comparé à une plongée classique. Dans une plongée ordinaire, l’essentiel du temps se passe en déplacement et en décompression, pour quelques minutes de travail effectif au fond. C’est ce différentiel qui explique l’essentiel des observations inédites rapportées par la mission sur les écosystèmes coralligènes profonds.

La photographie comme protocole, pas comme instant

La méthode de Laurent Ballesta doit autant à la patience qu’à la technique. L’exemple le plus documenté reste la mission consacrée aux 700 requins gris de Fakarava, en 2017. Quatre années de campagnes de terrain ont été nécessaires. Le bilan cumulé approche 3 000 heures de plongée nocturne, pour près de 85 000 déclenchements photographiques. Plusieurs milliers d’heures sous l’eau, pour quelques dizaines d’images retenues dans la série finale : ce rapport résume assez bien sa façon de travailler. Accumuler l’observation avant de choisir l’instant.

La rampe de sept flashs

Sur le plan technique, les prises de vue nocturnes de requins en chasse ont demandé la mise au point d’une rampe de sept flashs synchronisés. Un coéquipier la tenait au-dessus du sujet, pour obtenir un éclairage diffus, sans ombre dure ni reflet sur l’eau trouble. Rien de tel n’existait dans le commerce, à l’échelle voulue par l’équipe. Ce type de bricolage technique, propre à chaque mission, explique pourquoi Andromède Océanologie emploie des ingénieurs et des techniciens, en plus des biologistes et des plongeurs.

Une notoriété construite hors du cercle des plongeurs

conférence expédition Gombessa
Laurent Ballesta, biologiste marin et photographe, en conférence.

Livres et presse

Le travail de Laurent Ballesta dépasse largement le public spécialisé de la plongée. Il est l’auteur ou le coauteur de treize livres de photographie sous-marine, dont Planète Mers en 2005 et Planète Méditerranée en 2020. Ses portfolios ont été publiés dans la presse française et internationale. National Geographic lui a consacré trois reportages exclusifs, certains sur plus de vingt pages. Paris Match, de son côté, l’a publié presque chaque année depuis le début des années 2000. Il y détient un record cumulé de plus de 150 pages publiées au fil du temps, une performance rare pour la photographie sous-marine dans un magazine grand public.

Expositions et documentaires

Ses images ont également fait l’objet d’expositions institutionnelles. On les a vues sur les grilles du Sénat en 2006, puis à la Grande Galerie de l’évolution du Muséum national d’histoire naturelle en 2014. Plusieurs de ses expéditions ont donné lieu à des documentaires diffusés sur Arte, dont Antarctica en 2017 et Planète Méditerranée en 2019.

Cette diffusion large, hors des seuls cercles scientifiques ou photographiques, explique en partie pourquoi son nom dépasse le public habituel des revues de plongée ou de biologie marine.

Tamataroa, la mission en cours sur le grand requin-marteau

Le programme le plus récent, lancé en décembre 2022 sous le nom de Tamataroa, se déroule à Rangiroa et Tikehau, en Polynésie française. Tamataroa désigne le grand requin-marteau dans la langue des Tuamotu. Le projet est mené en partenariat avec la Mokarran Protection Society. Il vise à documenter les déplacements et la reproduction d’une espèce classée en danger critique d’extinction, dont la population mondiale aurait chuté d’environ 80 % au cours des dernières décennies.

Le protocole et les premiers résultats

Le protocole repose sur un principe simple : ne jamais capturer l’animal. Un dispositif spécifique le filme, le mesure, y fixe une balise et prélève un fragment de tissu, le tout en quelques secondes. Le projet, prévu jusqu’en 2026, est entré dans sa phase finale en mars de cette année. L’équipe affiche un objectif clair : la création d’une aire marine protégée couvrant l’ensemble des atolls concernés par l’étude.

La première phase de terrain, menée en 2023, a produit les résultats suivants :

  • plus de 300 plongées effectuées
  • un peu plus de 1 000 heures cumulées sous l’eau
  • 380 individus identifiés
  • 12 balises satellites posées, conçues pour se détacher au bout de neuf mois de collecte de données

Un suivi parallèle en Corse, autour de l’ange de mer

En parallèle de ce programme polynésien, Andromède Océanologie mène depuis plusieurs années un suivi en Corse. Il porte sur la reproduction de petits poissons appelés picarels, dont les nids couvrent plus de 600 hectares de fond sableux. Cette étude a permis de mieux documenter la présence de l’ange de mer, un requin plat aujourd’hui considéré comme quasiment disparu des côtes françaises en dehors de la Corse. Les images tournées à cette occasion doivent alimenter le documentaire Blue Planet III, dont la sortie est annoncée pour la fin de 2026.

Palmarès : ce que confirment les sources, ce qu’elles ne confirment pas

La reconnaissance institutionnelle de Laurent Ballesta s’étale sur plus de vingt ans. Elle distingue autant le plongeur que le scientifique et le photographe.

  • Plongeur d’Or au Festival international de l’image sous-marine d’Antibes, à trois reprises entre 2000 et 2004, un record pour l’épreuve
  • Hans Hass Award en 2013
  • Distinctions au Wildlife Photographer of the Year du Natural History Museum de Londres en 2017, 2020, 2021 et 2023, avec un titre général de photographe de l’année remporté une première fois en 2021, puis une seconde fois en 2023
  • Tridente d’Oro de l’Accademia Internazionale di Scienze e Tecniche Subacquee, en Italie, en 2017
  • Chevalier de l’ordre national du Mérite, par décret du 2 mai 2017
  • Doctorat honoris causa de l’université de Liège, en 2016
  • Grande Médaille Albert Ier, décernée à Monaco en 2021

Un écart entre sources mérite d’être signalé plutôt que passé sous silence. Plusieurs articles de presse régionale situent la décoration de chevalier de l’ordre national du Mérite en 2020, et non en 2017. Ce texte retient la date du décret publié au Journal officiel — le 2 mai 2017 —, confirmée par plusieurs sources indépendantes. Le grand prix du Wildlife Photographer of the Year obtenu en 2023 est quant à lui bien établi, confirmé par le Natural History Museum de Londres lui-même ainsi que par plusieurs médias internationaux : il s’agit du second titre général remporté par Laurent Ballesta, après celui de 2021.

Une philosophie qui tranche avec le discours écologiste classique

Sur le fond, Laurent Ballesta défend une position moins consensuelle qu’il n’y paraît. Il se méfie de l’idée selon laquelle montrer la beauté d’un lieu suffirait à le protéger.

Le temps est un luxe en plongée.

La Salamandre

Cette remarque, faite à propos du rythme imposé par la plongée à saturation, résume aussi sa méthode : préférer la durée à l’instantané spectaculaire. Sa critique porte notamment sur les réseaux sociaux et le tourisme de nature. Un site remarquable rendu visible attire, selon lui, davantage la convoitise commerciale que le respect du public. Il conteste aussi l’appellation d’aire marine protégée quand la zone reste ouverte au chalutage ou à la plongée de loisir. Il réserve ce terme aux seules zones de protection intégrale, où toute activité extractive est interdite.

Le calcul derrière les aires marines protégées

Sur ce point précis, il avance un chiffre qui permet un calcul simple. Selon lui, placer 30 % d’un littoral en réserve intégrale, répartie en corridors, rendrait les 70 % restants exploitables de façon durable. Or la surface réellement classée en protection intégrale aujourd’hui avoisine 0,01 % du littoral concerné. Le rapport entre l’objectif qu’il défend et la situation constatée sur le terrain avoisine donc 1 pour 3 000.

Ce qui m’intéresse, c’est de mettre en lumière des mystères du monde.

Hérault Tribune

Cette formule revient de façon presque identique dans plusieurs de ses entretiens.

L’ambition du programme Gombessa

Rendre visible ce qui échappe au regard, pas nécessairement ce qui est beau.

Elle résume assez fidèlement l’ambition du programme Gombessa : c’est là une nuance qu’il répète depuis vingt ans, mais qu’une partie du public continue de lire à l’envers.

Sur terre, une vie plus ordinaire qu’il n’y paraît

Entre deux expéditions, Laurent Ballesta vit dans la région de Carnon et de Mauguio, non loin de l’étang de l’Or, où il a grandi. Il est père de deux jeunes enfants. Son quotidien, décrit dans plusieurs entretiens récents, tranche avec l’image d’aventurier permanent que ses expéditions pourraient suggérer. Les journées de terrain à l’autre bout du monde alternent avec des semaines plus calmes. Elles sont consacrées au tri des dizaines de milliers d’images rapportées de chaque mission, un travail de fond largement invisible depuis l’extérieur.

Le risque, et la préparation qui l’accompagne

Il ne cache pas non plus la part de danger de son métier. Cette proximité avec le risque ne l’a pas rendu plus téméraire avec le temps. Il décrit au contraire une vigilance accrue avant chaque plongée profonde, par rapport à ses débuts. Cette vigilance s’accompagne d’une préparation physique quotidienne, plutôt inhabituelle chez un scientifique de terrain. Cardio, renforcement musculaire et gainage : environ une heure chaque jour, y compris en dehors des périodes d’expédition. En mission, il calque en revanche ses horaires sur ceux d’un enfant, avec un coucher tôt, pour encaisser des semaines de plongées quotidiennes sans accumuler de fatigue excessive.

Ce qui reste incertain

Plusieurs points ne sont pas encore établis au moment de la rédaction de ce portrait, en septembre 2026. Les résultats scientifiques complets de la phase finale de Tamataroa n’ont pas encore été publiés. Le projet doit se conclure dans le courant de l’année. Aucune huitième expédition Gombessa n’a été annoncée officiellement pour prendre le relais de celle-ci, et son calendrier éventuel n’est évoqué dans aucune des sources consultées pour ce portrait. Les images tournées pour le documentaire Blue Planet III n’ont pas non plus été diffusées à ce jour, la sortie étant annoncée pour la fin de 2026, sans date précise à ce stade.

Ce qui ressort avec plus de netteté, en revanche, c’est la cohérence d’une trajectoire. De la roche des Trois Arches jusqu’aux passes de Rangiroa, Laurent Ballesta a construit une méthode où la technique de plongée n’est jamais une fin en soi. Elle reste la condition pour observer plus longtemps ce que personne n’a encore eu le temps de voir.

Une méthode plus qu’un exploit

La comparaison avec Cousteau, qui a nourri sa vocation d’enfant, reste d’ailleurs limitée. Là où le commandant filmait des mondes déjà accessibles à son équipe, Ballesta construit à chaque expédition le dispositif technique qui rend l’accès possible, avant même de pouvoir photographier quoi que ce soit. C’est cette étape préalable, rarement montrée dans les documentaires finaux, qui occupe la majeure partie du temps et du budget de chaque mission Gombessa. Les images spectaculaires qui en résultent n’en sont, au fond, que la partie visible.

Portrait rédigé de façon indépendante à partir de sources publiques, sans partenariat ni lien commercial avec les personnes, sociétés ou organisations citées. Dernière mise à jour : septembre 2026.

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