Plonger en Bretagne : meilleurs sites et faune des fonds marins
Plonger en Bretagne se concentre sur six secteurs : l’île de Groix et ses quarante spots au large de Lorient, l’archipel des Glénan au sud du Finistère, la rade de Brest, Belle-Île-en-Mer, la côte d’Émeraude autour de Saint-Cast et la Côte de Granit Rose avec l’archipel des Sept-Îles. L’eau tient entre 10 et 19 °C selon la saison, la visibilité plafonne autour de 10 à 15 mètres et les fonds marins alternent forêts de laminaires, tombants tapissés d’anémones et des centaines d’épaves. La saison de plongée utile court d’avril à octobre.
Où plonger en Bretagne : les six secteurs qui comptent
Du Morbihan aux Côtes-d’Armor, ces zones concentrent la quasi-totalité des sorties de plongée sous-marine encadrées par les clubs bretons. Chaque secteur a sa signature : la ferraille au sud, la faune fixée au nord, les fonds marins les plus clairs au large des Glénan. Les plongeurs en séjour en combinent deux en général, rarement plus.
L’île de Groix, quarante spots au large de Lorient
Groix reste la référence de la plongée au sud de la région. Une quarantaine de sites de plongée y sont répertoriés, entre plateaux rocheux, grottes et une dizaine d’épaves posées entre 18 et 40 mètres de profondeur. L’île se situe à la charnière entre Atlantique nord et Atlantique sud, ce qui explique la densité de la faune sous-marine dans ses eaux : plus de sept cents espèces marines y ont été inventoriées.
Le U-171, sous-marin allemand qui a sauté sur une mine magnétique le 9 octobre 1942 à trois milles de la pointe de Pen Men, repose par 38 mètres et demande un niveau 2. Le Cyrano, remorqueur posé à 18 mètres près de Port-Lay, se plonge dès le niveau 1. Tahiti Beach et les grottes de Pen Men complètent le tableau sous-marin, avec des congres et des vieilles tapies dans les éboulis. Le détail des spots autour de Lorient figure dans notre guide du secteur.
L’archipel des Glénan, la référence du Finistère sud
Au départ de Concarneau, les Glénan offrent des profondeurs de 10 à 60 mètres et une visibilité souvent meilleure qu’ailleurs sur la côte. Le Pietro Orseolo, cargo italien d’environ 140 mètres réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale, a coulé le 18 décembre 1943 alors que les Allemands tentaient de le remorquer après une attaque aérienne. Il repose par une trentaine de mètres, sur un fond vaseux qui rend la visibilité aléatoire. Les herbiers de zostères et les forêts de laminaires abritent hippocampes, seiches et bancs de tacauds.
Un centre de plongée international installé sur l’île Saint-Nicolas sert de base logistique à la plupart des séjours. Les plongeurs débutants y trouvent des sites de plongée peu profonds, les niveaux 2 descendent sur les épaves du large.
La rade de Brest et la mer d’Iroise
La rade est le terrain d’initiation le plus généreux de la région. Elle s’étend jusqu’au Conquet et jusqu’aux abords de la presqu’île de Crozon. Le Dellec, chaland allemand de 22 m, repose entre 8 et 11 mètres : une épave accessible dès les premières plongées, avec une tourelle et quatre tubes lance-torpilles bien conservés. Peu d’épaves bretonnes sont aussi faciles d’accès. L’Émile Allard, coupé en deux par un bombardement en 1943, demande plus d’expérience à 25-30 mètres.
Deux sites de plongée atypiques valent le détour. L’ancien terminal pétrolier de Lanvéoc aligne des piliers de béton couverts d’ophiures et de nudibranches. Les Ducs d’Albe, structures massives héritées d’un projet de guerre, imposent des courants soutenus et offrent des rencontres régulières avec des phoques ou des dauphins.
La faune de la rade est facile à lire : hippocampes dans les herbiers, roussettes sur le sable, anémones sur toutes les parois. C’est aussi l’un des rares secteurs bretons où quelques entrées se font du bord, le reste des sites se rejoignant en bateau. On trouve un panorama complet des sites pour plonger dans la rade dans notre guide dédié.
Belle-Île-en-Mer et la pointe des Poulains
Quatre-vingts kilomètres de côtes ciselées et une traversée de 45 minutes depuis Quiberon. Les plongées vont de la sortie de nuit sur les homards aux grandes percées rocheuses de l’anse de Ster Vraz, surnommées Les Cathédrales pour la façon dont la lumière y descend. Le Philippe-Éric, chalutier en bois de 18 m, a sombré en 1983. L’épave du Kansan, cargo américain de 150 mètres, est en mauvais état. Sa faune marine reste dense : crabes, tacauds, lieux jaunes et homards. Autour de la pointe des Poulains, les sites du Cochon et de la pointe de Kerzo offrent des reliefs plus découpés.
La côte d’Émeraude : La Catis, cap Fréhel, Saint-Cast
Le nord-est breton, du cap Fréhel à Saint-Malo, reste moins fréquenté que le Morbihan, alors qu’il concentre certaines des plongées les plus caractéristiques du littoral. La Catis, roche isolée en pleine mer, culmine vers 15 mètres et retombe sur le sable vers 30 mètres ; le niveau 2 ou le PE40 y est recommandé. Les grottes du cap Fréhel se parcourent dans moins de 10 mètres d’eau et restent ouvertes aux plongeurs débutants. Le relief sous-marin y compense largement la faible profondeur.
L’épave de la frégate Laplace, coulée en 1950 dans la baie de la Fresnaye au pied du fort La Latte, complète le programme sous-marin du secteur. Deux autres épaves circulent chez les amateurs de ferraille du secteur : le V213 et le Fetlar.
Côte de Granit Rose et archipel des Sept-Îles
Face à Perros-Guirec, les Sept-Îles forment une réserve naturelle nationale qui accueille la plus grande colonie d’oiseaux marins de France métropolitaine. Sous la surface, les tombants plongent jusqu’à une quarantaine de m et les phoques gris s’approchent volontiers des palanquées. La visibilité y reste correcte hors coups de vent d’ouest. Ces sites de plongée sont peu fréquentés par rapport au sud, alors que la faune fixée y compte parmi les plus riches du littoral. L’accès à certains secteurs de la réserve est encadré, notamment en période de nidification : passer par un club local évite les mauvaises surprises.
Plus au sud, la baie de Douarnenez offre des plongées abritées quand la houle rend le large impraticable.
| Site de plongée (département) | Profondeur | Niveau requis | Accès | À voir |
|---|---|---|---|---|
| Île de Groix (56) | 5–40 m | N1 à N2 selon le site | Bateau, départ Lorient ou Larmor-Plage | U-171, Cyrano, grottes de Pen Men |
| Archipel des Glénan (29) | 10–60 m | N1 à N2 | Bateau, départ Concarneau | Pietro Orseolo, herbiers de zostères |
| Rade de Brest (29) | 8–30 m | Baptême à N2 | Bateau, quelques accès du bord | Le Dellec, Ducs d’Albe, hippocampes |
| Belle-Île-en-Mer (56) | 10–28 m | N1 à N2 | Bateau, Le Palais ou Quiberon | Ster Vraz, Philippe-Éric, homards |
| La Catis, Saint-Cast (22) | 15–30 m | N2 ou PE40 | Bateau | Faune fixée dense, laminaires |
| Grottes du cap Fréhel (22) | moins de 10 m | Débutant | Bateau | Cavités éclairées, faune de paroi |
| Sept-Îles (22) | 10–40 m | N1 à N2 | Bateau, départ Perros-Guirec | Tombants, phoques gris |
| Épave de l’Amoco Cadiz (29) | 7–30 m | N2 ou PE40 | Bateau, départ Landéda ou Saint-Pabu | Coque verticale, local de barre |
Le fond marin breton : ce que l’on croise vraiment
Savoir quelles espèces vivent dans la région sert peu. Ce qui compte, c’est où et quand la rencontre devient probable. C’est exactement ce que les moniteurs livrent en briefing avant la plongée.
La faune résidente des fonds marins bretons
Cette faune sous-marine se rencontre toute l’année, sur la quasi-totalité des sites de plongée de la région. Les plongeurs bretons la connaissent par cœur :
- Congre : dans les failles et les épaves, souvent visible dès 10 m de profondeur
- Homard bleu : sous les surplombs rocheux, plus actif lors des plongées de nuit
- Araignée de mer : par dizaines au printemps, en agrégats sur les tombants
- Tourteau et langouste rouge : dans les anfractuosités, davantage en mer d’Iroise
- Vieille, lieu jaune, tacaud, bar et Saint-Pierre : en pleine eau ou en bordure d’épave
- Poulpe, seiche, rouget et turbot : sur les fonds sableux, en lisière d’herbier
- Étoile de mer : sur les parois et dans les éboulis, souvent en nombre
- Roussette : petit requin inoffensif, très commun dans la rade de Brest
- Coquille Saint-Jacques : sur les fonds meubles et les zones à maërl
- Ormeau : sous les blocs rocheux des petits fonds, prélèvement strictement réglementé
Forêts de laminaires et jardins d’anémones
La signature visuelle des fonds marins bretons tient en deux éléments. D’abord les laminaires, ces grandes algues brunes qui forment des forêts mobiles au-dessus des plateaux rocheux. Elles servent de nurserie à quantité de juvéniles. Ensuite les parois couvertes d’anémones, de corynactis, de gorgones et d’éponges, qui donnent aux tombants leur aspect de jardin dense.
La mer d’Iroise porte le plus grand champ d’algues des côtes françaises, avec plus de 300 espèces recensées et plus de 120 espèces de poissons. C’est aussi là que se concentre le quart de la population française de mammifères marins. Pour un plongeur, la conséquence est directe : la biodiversité monte à mesure qu’on remonte vers la pointe du Finistère. Dans ce paysage sous-marin, la flore fixée pèse autant que la faune et donne aux plongées locales leur couleur.
La faune saisonnière : quoi voir et quand
| Espèce | Période | Où | Probabilité en plongée |
|---|---|---|---|
| Phoque gris | Toute l’année | Archipel de Molène, Sept-Îles | Moyenne, forte en surface |
| Grand dauphin | Toute l’année | Mer d’Iroise, chaussée de Sein | Faible sous l’eau, moyenne en bateau |
| Requin pèlerin | Printemps | Ouest Finistère, sud Morbihan | Faible, très dépendante de la météo |
| Seiche | Mars à juin | Herbiers peu profonds, golfe du Morbihan | Élevée en période de ponte |
| Hippocampe | Été et automne | Herbiers de la rade de Brest, Glénan | Faible, demande de la patience |
| Araignée de mer | Avril à juin | Tombants du secteur nord | Très élevée |
Une remarque sur les phoques. Leur présence dans un secteur ne garantit pas la rencontre sous l’eau : ils viennent quand ils décident de venir. Une palanquée qui passe n’y change rien.
Des centaines d’épaves sous la surface
Héritage de la Compagnie des Indes, des deux guerres mondiales et d’une densité de trafic qui n’a jamais faibli, le patrimoine sous-marin breton se compte en centaines de coques. Autour de Lorient seul, environ 350 épaves reposent jusqu’à 90 mètres. La plongée sur épave y est presque un genre à part, avec ses habitués que les moniteurs appellent les mordus de ferraille.
On y trouve surtout des navires de commerce coulés par fait de guerre, des chalutiers perdus en mer et quelques bâtiments militaires. L’épave profonde reste fermée aux plongeurs sous niveau 2. La visibilité oblige souvent à travailler au contact de la structure plutôt qu’en survol.
La plus célèbre reste l’Amoco Cadiz. Le 16 mars 1978, le supertanker subit une avarie de gouvernail à quelques milles d’Ouessant, dérive et finit sur les rochers au large de Portsall ; ses 334 mètres et ses 230 000 tonnes de brut provoquent une marée noire qui souille plus de 350 kilomètres de littoral, dans une catastrophe dont la procédure judiciaire fera date sur l’application du principe du pollueur-payeur. La circulaire du 12 octobre 1978 institue dans la foulée le plan Polmar. Le Cedre s’installe à Brest début 1979. La poupe pointe aujourd’hui à 7 m de la surface, la coque se dresse à la verticale sur un fond de 30 mètres et la plongée démarre au niveau 2, souvent avec un PE40 exigé par les clubs. Les laminaires ont recolonisé la coque et la faune y est abondante.
Le U-171 occupe une autre place. La pénétration y est interdite, par respect pour les hommes morts dans le naufrage. Cette règle ne se discute pas.
Le Guido Möhring à 30 m, le Sperrbrecher entre 20 et 23 m à Groix et le Laplace à Saint-Cast complètent la liste des classiques, tous au niveau 2.
Les débutants ne sont pas écartés de la plongée sur épave pour autant. Deux épaves passent dès le niveau 1 : le Dellec en rade de Brest, le Cyrano à Groix. Un moniteur qui connaît le site reste indispensable pour un plongeur débutant.
Température, visibilité, courants : les conditions réelles
Plonger en Bretagne demande un peu plus de préparation qu’ailleurs en France. L’eau descend à 10 °C en hiver et dépasse rarement 18 à 19 °C en fin d’été. Une combinaison humide de 7 mm suffit en saison ; d’octobre à avril, la semi-étanche ou l’étanche devient nécessaire. Prévoyez 2 à 4 kg de lest supplémentaires par rapport à une plongée d’été en Méditerranée. Ce n’est pas la salinité qui l’impose, c’est l’épaisseur de la combinaison.
La visibilité atteint son optimum au printemps et à l’automne, autour de 10 à 15 mètres. Elle chute en été lors des efflorescences planctoniques. Après un coup de vent, comptez deux à trois jours avant que les fonds redeviennent lisibles. Sur les sites du large comme La Catis ou les Pourceaux, l’eau reste régulièrement plus claire qu’à proximité immédiate de la côte.
La marée commande le reste. Les courants bretons se planifient : on plonge à l’étale et on regarde le coefficient avant de choisir un site de plongée. Une roche confortable par faible coefficient devient infaisable trois jours plus tard. Sur les épaves exposées, l’étale conditionne toute l’organisation de la journée.
Quel niveau pour quel site de plongée
- Baptême de plongée : rade de Brest, criques abritées de Belle-Île, dès 8 ans, créneau de 2 heures pour environ 20 minutes sous l’eau
- Niveau 1 ou PE20 : Le Dellec, le Cyrano, les grottes du cap Fréhel, plateaux rocheux de Groix
- Niveau 2 ou PE40 : U-171, La Catis, Émile Allard, Amoco Cadiz, tombants des Sept-Îles
- Niveau 3 et au-delà : sites profonds des Glénan sous 40 mètres, épaves exposées aux forts courants
Quel que soit le brevet, la règle du binôme reste la base : on ne quitte pas son coéquipier des yeux, débutant comme plongeur confirmé.
Si vous démarrez, la région est un bon terrain pour obtenir sa certification N1. Les clubs y forment toute l’année. Les conditions apprennent vite à un plongeur débutant à gérer le froid et la dérive.
Zones protégées : ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas
Le Parc naturel marin d’Iroise, créé le 28 septembre 2007, a été le premier parc naturel marin français. Il couvre 3 500 km² entre l’île de Sein, Ouessant et la limite des eaux territoriales. L’archipel de Molène, réserve de biosphère de l’UNESCO depuis 1989, abrite en son cœur une réserve naturelle nationale.
Trois règles à connaître avant de mettre à l’eau :
- La pêche sous-marine se pratique uniquement en apnée. L’article R921-92 du code rural et de la pêche maritime interdit tout équipement respiratoire. Il proscrit même la présence simultanée à bord d’un bloc et d’une arbalète.
- Les prélèvements de coquillages et de crustacés sont réglementés, avec des tailles minimales et des zones fermées qui varient selon les départements.
- Certaines épaves, dont le U-171, ont un statut mémoriel et ne se pénètrent pas.
À Groix, la réserve naturelle François Le Bail protège aussi le patrimoine géologique de l’île, qui vaut à Groix son surnom d’île aux grenats. Chaque plongée dans ces périmètres suppose de connaître les règles en vigueur.
« On protège ce que l’on aime. »
— Jacques-Yves Cousteau
La logique tient d’autant mieux ici que la richesse des fonds marins repose sur un équilibre étroit entre courant froid, plateau rocheux et pêche encadrée.
Matériel, formalités et clubs de plongée
Le réseau est dense, du centre associatif au club de plongée professionnel ouvert à l’année. Sur la côte d’Émeraude, une formation complète se situe de l’ordre de 460 € pour un niveau 1, 480 € pour un PA40 et 580 € pour un niveau 2, blocs et lest inclus.
Côté formalités, la plongée encadrée relève en France du code du sport, ce qui suppose deux documents :
- Une licence FFESSM annuelle, de l’ordre de 50 € pour un adulte, exigée par les clubs associatifs
- Un certificat d’absence de contre-indication de moins d’un an pour les adultes ; les mineurs remplissent un questionnaire de santé et ne fournissent un certificat qu’en cas de réponse positive
L’équipement minimum pour la région :
- Combinaison 7 mm, semi-étanche ou étanche selon la saison
- Cagoule et gants, y compris en août
- Ordinateur de plongée
- Lampe, indispensable dans les grottes et sur les épaves
- Parachute de palier, pour les sites exposés au courant
Le baptême de plongée en bouteille s’organise à partir de 8 ans. Pour découvrir les fonds marins sans aucune certification, la randonnée palmée encadrée reste la porte d’entrée la plus simple. Elle se pratique à Groix, en rade de Brest et sur une bonne partie du littoral morbihannais. Beaucoup de plongeurs locaux ont commencé comme ça.
Plonger en Bretagne hors saison a un avantage que les guides mentionnent rarement. La réservation se fait plusieurs semaines à l’avance en juillet et en août. En mai, en juin ou en septembre, l’eau est déjà correcte, les sorties partent avec cinq ou six plongeurs et les moniteurs ont le temps de sortir du programme standard pour vous emmener sur une roche ou une épave qui ne figure sur aucune liste.


